L’importance d’une cathédrale pour une communauté unie

Par Yanick Michaud
L’importance d’une cathédrale pour une communauté unie
L’abbé Normand Bergeron et monseigneur Noël Simard veulent restaurer la cathédrale, mais aussi voir la communauté bouger et être sensibilisée. (Photo : Photo Journal Saint-François - Pierre Langevin)

L’incendie qui a ravagé une très grande partie de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris lundi soir en Europe, a attisé de douloureux souvenirs au sein du clergé campivallensien.  

Le curé de la paroisse Sainte-Cécile, Normand Bergeron vécu des émotions fortes lundi en voyant les images de la célèbre cathédrale parisienne, diffusée sur tous les réseaux. « Il y a plein de similitudes avec ici. Nous revivons la même chose. L’incendie s’est déclaré pendant des travaux de rénovation. C’est triste », explique l’abbé Bergeron, en faisant référence à l’incendie qui s’est abattu sur la basilique-cathédrale de Valleyfield le 4 septembre 2002. « La flèche qui s’effondre, brûlée vive. Les vitraux qui disparaissent, tous ces souvenirs qui s’envolent en fumée », déplore-t-il.

Monseigneur Noël Simard, évêque du diocèse est également dévasté devant l’ampleur de la situation. « Nous prions pour les diocésains de Paris. Ils ne pourront vivre les célébrations de la semaine sainte dans leur magnifique cathédrale, qui est la fille aînée de l’Église. Tout le monde est attaché à ce monument, et ça va au-delà des différentes religions. J’ai fait parvenir mes sympathies à l’archevêque de Paris, Monseigneur Michel Aupetit », dit monseigneur Noël Simard, éploré.

Mouvement de solidarité

Les deux hommes s’entendent toutefois pour dire qu’entre Paris et le Québec, il y a tout un monde. « Le président de la République, Macron, a aussitôt dévoilé que la cathédrale serait reconstruite. Ici, près de 17 ans après l’incendie, nous attendons toujours. Là-bas, ils disent que ce n’est pas qu’un emblème religieux, c’est un emblème de société. Ici, nous avons une complexité identitaire. Mais au-delà de tous ces débats, il y a des lieux à préserver afin de conserver notre mémoire collective », expliquent Normand Bergeron et Noël Simard.

La cathédrale Sainte-Cécile est implantée dans un diocèse moyen, mais elle fait partie d’un milieu avec de la vitalité. « Nous avons une belle histoire, avec 126 ans d’existence. Il faut sauver notre cathédrale. Mais c’est l’argent qui manque. Il y a un beau travail qui a été fait, mais on dirait que ça accroche », insiste monseigneur Simard.

« C’est un lieu central. C’est une importante cathédrale, il faut en prendre soin. Il y a quelques années, la ministre de la Culture, Marie Montpetit était venue et avait affirmé vouloir prendre soin de notre cathédrale. Mais c’est demeuré au niveau des promesses », lance Normand Bergeron qui aimerait voir les élus s’investir.

En 2002, au moment de l’incendie, on évaluait à plus de 20 M$ la somme nécessaire pour restaurer la basilique cathédrale. Aujourd’hui, il est difficile de dire combien il en coûterait pour redonner à l’endroit son orgue, ses bancs, ses vitraux, un clocher en santé.

Beaucoup à faire pour reconstruire

La difficulté réside maintenant au niveau de la reconnaissance patrimoniale, de la classification. « Sans l’incendie de 2002, elle aurait pu être classée exceptionnelle. Parce que c’est une magnifique bâtisse néo-gothique et l’une des plus belles au Canada. Mais à cause du feu, d’autres passent avant », explique Mgr Simard. Il prétend qu’en 2002, immédiatement après l’incendie, le premier ministre de l’époque, Bernard Landry avait promis de s’en occuper, parce qu’il y croyait. Maintenant, c’est plus difficile.

« Actuellement, c’est plutôt mitigé. Nous faisons des démarches pour la restauration depuis 17 ans, mais ça avance très lentement. Pourtant, la cathédrale est la maison de tous les chrétiens, de tous les humains », affirme l’abbé Bergeron.

En 2015, la campagne Une pierre à la Foi avait permis de récolter un montant important, mais loin de ce qui est nécessaire. Seulement pour le clocher, on estime les frais à 1,3 M$.

Il reste beaucoup à faire alors que l’incendie avait pris à partie l’orgue, qui est disparu, des bancs, la façade, mais aussi des vitraux qui seront impossibles à recréer. Ils ont été réalisés par l’artiste Guido Nincheri, qui n’a pas laissé de maquettes.

Les sapeurs avaient eu fort à faire, comme à Paris cette semaine, pour préserver une partie de la cathédrale en 2002.
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