Grève rotative des responsables en services éducatifs en milieu familial

Par Yanick Michaud
Grève rotative des responsables en services éducatifs en milieu familial
Plus de 200 responsables en services éducatifs en milieu familial du Suroît ont manifesté vendredi matin à Dorion pour demander au gouvernement de bien vouloir négocier. (Photo : Yanick Michaud)

Plus de 200 responsables en services éducatifs en milieu familial du Suroît ont manifesté vendredi matin à Dorion pour demander au gouvernement de bien vouloir négocier.

Près de 3400 familles sont touchées par ce débrayage.

« C’est une action concrète pour signifier à la population que nous gagnons moins du salaire minimum avec 12,42 $ de l’heure. Nous demandons 16,75 $, et nous sommes prêtes à mener la bataille jusqu’au bout », mentionne Mélanie Piché, présidente de l’ADIM Suroît.

Pour elle il s’agit d’un message clair au ministre de la famille et au gouvernement.

« On est rendus là. Le gouvernement c’est chacun de nous. Les parents nous appuient dans ce qu’on fait. Chaque jour, ils sont dans nos services et ils voient ce que nous accomplissons. Nous voulons plus, afin d’offrir une meilleure qualité de service à nos tout-petits. Mais le gouvernement est en train de détruire le réseau. Nous sommes 600 responsables dans la région. Il y en avait 250 de plus il y a 10 ans. On manque de personnel, les parents cherchent des places. C’est normal, nous sommes sous le salaire minimum », scande-t-elle.

À la grandeur de la province

La grève rotative en était à une quatrième journée lors de son passage dans le Suroît. Anne Dionne, deuxième vice-présidente de la CSQ explique que les moyens de pression vont se poursuivre. « Le mouvement est solide, parce que nous avons des revendications justes et raisonnables. Pourtant, le gouvernement qui nous remerciait au printemps, parce que nous avons ouvert nos portes, manque de temps actuellement pour négocier. Nous étions des anges et maintenant le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe nous ignore », dit-elle.

Les responsables supportent le réseau depuis 30 ans et elle demande que le gouvernement reconnaisse ce qu’elles accomplissent depuis tout ce temps. « Outre l’argent, ça prend des mandats. Au-delà de négocier, nous méritons une reconnaissance », explique Mélanie Piché devant les bureaux de la députée de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols, qui offre son appui aux responsables.

Une grève tournante et un ultimatum

Valérie Grenon, président de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec avait fait le voyage de Québec pour être sur place à l’aube. Elle fait le tour du Québec pour les prochains jours.

« Nous avons 14 syndicats pour plus de 10 000 responsables. Nous devons les soutenir, parce qu’elles portent le réseau à bout de bras. Plus de 90 000 familles sont accueillies chaque jour. Mais il n’y a plus de relèves. Nous ne trouvons plus de responsables. Il y a des milliers de postes à pourvoir. Mais quand on dit que c’est à 12, 42 $ de l’heure, personne ne veut. Personne ne peut offrir de bonnes conditions », plaide-t-elle. Plus de 720 parents sont en attente dans le Suroît.

Pour poursuivre la bataille et sauvegarder le réseau, Valérie Grenon mentionne que la grève tournante, par région, se fera jusqu’au 18 septembre.

« Les filles sont mobilisées. Et quand ce sera le temps, il y aura la grève illimitée déclenchée le 21 septembre », signifie-t-elle comme un ultimatum.

Il semble que personne parmi les dames présentes à la manifestation ne souhaite en arriver là. Les responsables croient que la balle est dans le camp du premier ministre François Legault et de son ministre. « Nous sommes le pilier de l’économie. Si nous ne sommes pas au rendez-vous, les parents ne peuvent aller travailler l’esprit tranquille. Nous avons fait notre part. Le gouvernement doit comprendre que pour repartir l’économie, nous sommes essentielles. Si on quitte, les parents ne pourront retourner travailler. Nous méritons d’être payées. De donner un meilleur service aux parents. S’occuper de leurs enfants. Les éduquer. Et pour ça, ils doivent nous payer en conséquence. Point », avoue Mélanie Piché. Le slogan On vaut plus que ça est sans équivoque en ce sens.

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