Problèmes de voisinage et d’odeurs à Huntingdon

Par Mario Pitre
Problèmes de voisinage et d’odeurs à Huntingdon
L'entreprise Jakers a instauré un procédé pour projeter des gouttelettes odorantes au sein des émanations.

Des citoyens de Huntingdon se plaignent d’odeurs nauséabondes qui proviennent de l’entreprise Jakers, située à l’intersection des rues Lorne et Athelstan. Pourtant, l’entreprise a investi des dizaines de milliers de dollars ces dernières semaines pour remédier à la situation.

L’efficacité des mesures mises en place suscite toujours des doutes, selon Maryse Haineault, qui demeure juste en face. L’automne dernier, celle-ci a présenté une pétition de plus de 200 signatures au conseil municipal de Huntingdon pour dénoncer cette situation.

«On ne peut même plus profiter de notre environnement extérieur, affirme Mme Haineault, tellement l’odeur de cadavre d’animaux est intense et nous force à rester à l’intérieur.»

Son fils, Maxime raconte que des amis sont venus chez lui pour une occasion et n’en pouvaient plus de respirer cet air malodorant. Les odeurs sont perceptibles même en hiver.

L’entreprise Jakers fabrique des gâteries pour chiens faites à partir d’os et autres pièces provenant de bœuf et de porc. Elle emploie 23 personnes à ses installations qui appartenaient autrefois à la Kleyn & Tinker.  

Le site se trouve voisin du parc de l’Ile Russell, où plusieurs cyclistes et kayakistes s’arrêtent, aux abords de la rivière Châteauguay. «Ça ne représente pas une belle carte de visite pour la ville», estime Mme Haineault, qui dit parler au nom de plusieurs citoyens exaspérés par ces odeurs.

Avis d’infraction

Interpellée par les citoyens, la Ville de Huntingon a déjà émis des constats d’infraction à l’endroit de Jakers, concernant le règlement des nuisances. Rappelons que la Ville est propriétaire de l’immeuble loué à Jakers, où le zonage est considéré industriel lourd.

«À l’origine, il ne devait pas y avoir de rejet dans l’air, explique la directrice générale, Johanne Hébert. Devant la situation, on essaie de travailler avec l’entreprise afin de trouver une solution efficace.»

Investissement de 100 000 $

Le propriétaire de Jakers, Walter Cordero, soutient que l’entreprise a fait beaucoup d’efforts pour solutionner ce problème; d’une part, en intégrant un dispositif de déhydratation avec filtre au charbon, puis en intégrant des gouttelettes d’une solution odorante dans les rejets atmosphériques. Des investissements oscillant les 100 000 $, dit-il.

«On a dû faire des ajustements à nos débuts, admet M. Cordero, qui doute de la sincérité de ses voisins dans ce dossier. D’ailleurs, l’odeur de parfum mélangée à celle de déchets d’animaux ne procurerait toujours pas le résultat escompté aux yeux de Mme Haineault.

«Notre usine est aussi propre que n’importe quelle usine agroalimentaire, nous sommes régis par le ministère de l’Agriculture et l’Agence canadienne d’inspection des aliments et nos produits font l’objet d’un contrôle à chaque semaine», poursuit l’entrepreneur.

Les eaux usées de l’usine sont également traitées à l’usine d’`épuration municipale.

M. Cordero dit également avoir reçu des plaintes de camionneurs qui vont y livrer des marchandises, à cause du harcèlement des Haineault à leur endroit.

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