Plus d’inflation, plus de conflits de travail ?

dimanche le 02 janvier 2022
Modifié à 0 h 00 min le 01 janvier 2022
Par René Vézina

René Vézina (Photo:Gracieuseté)

Le seul élément positif qui pourrait accompagner l’apparition du fichu variant Omicron concerne l’inflation.


Le dernier relevé présenté par Statistique Canada faisait état d’une hausse de 4,7 % pour l’indice des prix à la consommation (IPC), la plus importante depuis février 2003. La poussée récente des prix de l’essence en était en bonne partie responsable. Mais déjà, on note une tendance à la baisse. L’économie est vulnérable aux secousses que pourrait causer le nouveau variant et la demande en énergie en souffrirait forcément.


Ce serait un moindre mal, parce que si jamais l’inflation continue de grimper, il faut s’attendre à toutes sortes de dommages, dont celui-ci: l’intensification des conflits de travail. 


Pourquoi? Parce que depuis plusieurs années, les hausses de salaire sont minces. Ce n’était pas grave quand l’inflation se maintenait au plancher. Mais il ne faut pas être un génie des mathématiques pour réaliser qu’une augmentation salariale de 2% ne fait pas le poids devant une croissance de 4% de l’IPC. Il en résulte un appauvrissement net des gens dans cette situation. 


Quand on peut négocier face à face avec un employeur moindrement compréhensif, il est possible de demander un ajustement de sa rémunération. Mais les salariés syndiqués sont régis par des conventions collectives qui encadrent les conditions de travail pour quelques années. Au Québec, on parle de 40% de la force de travail, soit environ un million et demi de personnes.


Une fois la convention signée, il est difficile d’en revoir les termes… à moins de débrayages illégaux et autres moyens de pression. Et si l’employeur s’en tient à ce qui a été convenu, la prochaine ronde de négociations risque d’être costaude. Les syndiqués voudront logiquement se refaire pour compenser le manque à gagner.


Mais de façon plus immédiate, ce sont les discussions à venir dans les prochains mois qui peuvent devenir épineuses.


Les syndiqués seront méfiants. Les patrons aussi. Qui sait ce que l’avenir nous réserve? Et les négociations risquent alors de se dérouler dans un climat de suspicion, ce qui ne présage rien de bon. 


Une solution, peut-être? Je propose celle-ci: insérer dans la convention une clause garantissant le maintien du pouvoir d’achat. Si l’inflation monte, on ajuste les salaires. Si elle baisse? C’est peu probable, du moins d’ici les prochains mois.


En passant, cette mesure n’est pas originale. C’est elle qui s’applique aux tarifs d’Hydro-Québec dont les hausses doivent dorénavant calquer l’inflation, ce qui veut dire que c’est la plupart des ménages québécois qui seront touchés. À moins que le gouvernement québécois ne décide qu’au vu des larges profits d’Hydro-Québec, il nous accorde un peu de répit…