Martinus Mooijekind, maître de la pivoine

Par Mario Pitre
Martinus Mooijekind, maître de la pivoine
Martinus Mooijekind avec ses fameuses pivoines. (Photo : (Photo Journal Saint-François - Archives))

Martinus Mooijekind est né d’un père horticulteur et d’une mère fleuriste, tous deux originaires des Pays-Bas. Il ne pouvait faire autrement que développer une expertise dans le domaine, particulièrement à l’égard des pivoines, à partir desquels il a créé une vingtaine d’hybrides à ce jour.

«Mon père m’avait offert en cadeau des semences de pivoines en me disant que si je parvenais à en faire pousser, j’aurais réussi tout un défi», rappelle l’horticulteur que tous appellent communément Tinus.

Car faire pousser une pivoine représente un défi de taille quand on sait qu’il faut plus de 7 années pour la développer, de la simple semence à sa floraison, à travers différentes étapes.

Récemment, M. Mooijekind dévoilait sa plus récente hybride de la pivoine baptisée en mémoire du Colonel Michel de Salaberry, un specimen qui a nécessité pas moins de 11 ans de travail pour le spécialiste. L’an dernier, il en avait dévoilé une en hommage à l’ex-première ministre Pauline Marois, de même que d’autres pour des municipalités comme Salaberry-de-Valleyfield et Saint-Stanislas -de-Kostka, entre autres.

«Je reçois de demandes de partout au Québec, dit-il, que ce soit en provenance de municipalités, d’organismes ou pour rendre hommage à des personnalités.»

Dans le but de répondre à ces multiples demandes à long terme, l’expert a entrepris de mettre en marche plus de 700 hybrides, qui en sont à différentes étapes de leur croissance.

Reconnaissance

Depuis 2017, la pivoinerie de Martinus Mooijekind, située route 236 à Saint-Stanislas-de-Kostka, est certifiée par le jardin botanique de Montréal au titre « d’Espace pour la vie», une première certification du genre consentie pour un jardin situé à l’extérieur de Montréal.

Cette certification consacre le site comme étant un jardin pour la biodiversité, un jardin pour les oiseaux, un jardin nourricier et une oasis pour les papillons monarques.

Pour celui qui a occupé la fonction de maire de Salaberry-de-Valleyfield de 1983 à 1986, cet honneur s’ajoute à la fierté qu’il entretient depuis toujours à l’égard de sa région. Une fierté qu’il avait aussi cultivée durant les quatre années où il avait occupé la présidence de la Chambre de commerce.

Impliqué au sein de la Société québécoise de la pivoine, dont 4 années à titre de président, l’horticulteur avait travaillé pour la tenue du Festival provincial de la pivoine cette année à Salaberry-de-Valleyfield. Mais… la COVID-19 a fait son œuvre.

C’est dans les années 50 que la famille Mooijekind avait immigré au Canada, avec sa marmaille de 12 enfants. «Mes parents voulaient que je devienne un prêtre», dit-il en souriant. Mais c’est le métier de boucher qui l’a vu se développer sur le marché du travail, d’abord à l’épicerie d’Albert Morin, rue Alexandre, puis comme gestionnaire au sein de la chaîne Steinberg.

Mais l’appel du cœur, celui de son épouse Lise, l’aura vite incité à revenir à Valleyfield, où il connaîtra de belles années à la Boucherie Tinus de la rue Salaberry. C’est à sa propriété de Saint-Stanislas-de-Kostka que le couple a trouvé le bonheur dans les pivoines.

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