Marcheur solitaire et infatigable

Par Denis Bourbonnais
Marcheur solitaire et infatigable
L'homme âgé de 77 ans marche en moyenne une vingtaine de kilomètres par jour le long du boulevard Bord-de-l'eau et du chemin du Golf à Salaberry-de-Valleyfield.

Vous connaissez plusieurs personnes âgées de 77 ans qui prennent une marche quotidienne d’une distance de 20 km et ce, 7 jours par semaine?

Vous connaissez plusieurs personnes âgées de 77 ans qui prennent une marche quotidienne d’une distance de 20 km et ce, 7 jours par semaine?

@R:C’est le cas du Campivallensien Philippe Leduc que les usagers de la route ont sûrement aperçu à maintes reprises le long du chemin du Golf ou du boulevard Bord-de-l’eau à Salaberry-de-Valleyfield.

Atteint d’un cancer de la prostate en 2008, le résidant du boulevard Hébert dans le secteur Nitro s’est promis de favoriser la guérison en faisant de l’activité physique. Il a adopté la marche comme habitude de vie et pour employer le cliché, le reste fait partie de l’histoire.

Chaque jour, depuis 7 ans, le septuagénaire quitte son domicile voisin du restaurant "Québec Pizzeria" vers 16 h en fin d’après-midi et il revient à la maison aux alentours de 21h30. Du boulevard Hébert, il se rend au chemin du Golf en direction du boulevard Bord-de-l’eau. Un virage à gauche derrière les installations du Club de golf de Valleyfield l’amène ensuite jusqu’à l’avenue Grande-Ile. M. Leduc revient alors sur ses pas et refait le même trajet.

"Parfois, je sors deux fois par jour pour marcher", informe l’électricien à la retraite. Estimant avoir parcouru 33 000 km depuis qu’il est devenu accroc à cette forme de conditionnement physique à l’âge de 70 ans, M. Leduc souhaite être en mesure de surpasser le chiffre qui apparaît sur l’odomètre de son véhicule personnel.

Son camion de marque Ford a en effet été limité à 40 000 km de route depuis son acquisition en 1992. Sur la plaque à l’avant du véhicule, on peut lire le slogan "Poirier, là où ça bouge", ce qui n’est pas peu dire considérant que la fermeture du concessionnaire automobile remonte loin dans le temps.

L’itinéraire de la longue marche de Philippe Leduc change rarement. Il lui arrive parfois de déambuler jusqu’au salon de coiffure où il se fait couper les cheveux, rue Dufferin, mais les visites à Valleyfield en chaussant les espadrilles se font plus rarissimes. Même si ses artères de prédilections sont assez achalandées en termes de trafic routier, M. Leduc se sent en sécurité.

"Je marche face à la circulation. Une fois, un conducteur est venu s’excuser mais j’étais dans l’accotement, pas vraiment proche de sa voiture", mentionne-t-il. Le marcheur du quartier Nitro porte la casquette pour voiler le soleil mais plus souvent qu’autrement, il se déplace avec le chapeau dans sa main. Que fait-il en hiver? "Je marche quand même, sauf quand il y a une tempête de neige. Je dois m’occuper du pelletage", dit-il.

Célibataire endurci et retraité de la compagnie Goodyear, Philippe Leduc a tout son temps pour s’adonner à son loisir. Il préfère marcher seul, à son rythme. Habitant dans la maison familiale qui fut jadis le dépanneur opéré par son père, M. Leduc vit avec l’une de ses 8 sœurs, Monique. "Nous avons toujours habité ensemble. On n’a jamais été séparés depuis notre enfance", devait-il signifier.

En plus de se consacrer à la marche, Philippe Leduc est un véritable sportif de salon. "Avant j’étais marié à la Goodyear et maintenant, c’est pour  ça que je suis toujours célibataire", a-t-il imagé, pointant du doigt les quatre écrans de télévision qui lui permettent de regarder autant de sports en même temps dans le confort de sa résidence.

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