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Malgré la retraite, Mélodie Daoust toujours habitée par la passion du hockey

le mercredi 05 juin 2024
Modifié à 10 h 19 min le 06 juin 2024
Par Eric Tremblay

etremblay@gravitemedia.com

 

 

La route dans le hockey n’a pas toujours été une ligne droite vers la gardienne adverse pour Mélodie Daoust. Au fil des ans, à sa façon, la Campivallensienne a su faire sa place à elle, mais aussi aux filles dans le sport. Les patins qu’elle accroche sont ceux de la joueuse. Mais ceux d’entraîneuse, elle les garde dans ses pieds pour continuer de partager la passion de son sport.

«C’est la passion d’une vie, le hockey me rend heureuse, assure la retraitée de 32 ans. J’ai accroché mes patins de joueuses, mais je n’ai pas accroché mes patins de coach. Je suis encore sur la glace. C’est ça qui est le fun de donner ma passion aux plus jeunes. En espérant qu’un jour, les joueuses qu’on entraîne vont se rendre et goûter à la ligue professionnelle, à ce mode de vie là. »

Triple médaillée olympique 

Au lendemain de l’annonce de sa retraite comme joueuse active, la triple médaillée olympique évoquait l’élément de sa carrière qui la rendait le plus fière. 

«L’éthique de persévérance que j’ai développée qui m’aide dans la vie de tous les jours, a-t-elle lancé après avoir pris quelques secondes de réflexion. Les valeurs d’éthique, de travail ou de cohésion avec mes coéquipières. Ces aspects-là me rendent le plus fière.»

Cette persévérance, elle l’a démontrée plus d’une fois. Que ce soit en prenant la décision d’étudier au Canada, à l’Université McGill, alors que certains lui disaient que la route vers l’équipe nationale serait plus difficile. Ou, alors qu’adolescente, elle se battait pour représenter le Sud-Ouest au hockey féminin malgré les réticences de son entraîneur de hockey mineur.

Mélodie Daoust a fait son chemin qui lui a permis de briller sur la scène internationale avec trois médailles olympiques [l’or à Sotchi et Beijing et l’argent à Pyeonchang], un titre de joueuse la plus utile de la compétition [Pyeonchang 2018] et un championnat du monde. Et la liste de ses exploits peut s’étirer encore.

La Campivallensienne a défendu la feuille d'érable lors de trois Jeux olympiques. (Photo : Archives)

Conciliation travail-famille

Depuis un an, la hockeyeuse envisageait la retraite. Désormais co-responsable du programme de hockey féminin du Collège Bourget avec sa conjointe Hanna Bunton, la jeune maman voyait de plus en plus de difficulté à séparer le travail et le jeu. «Je me suis trouvé une job que j’aime beaucoup et que je ne voulais pas laisser de côté, a-t-elle expliqué. Il y a mon fils qui est très important pour moi, de passer du temps avec lui. De concilier tout ça en même temps devenait de plus en plus difficile.»

Au cours des derniers mois, elle a fait son dernier tour de piste. Avec la formation de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) de Montréal.

«Il me manquait peut-être une chose à accomplir avant de prendre ma retraite et c’était de jouer dans la LPHF, a avoué Mélodie Daoust. De pouvoir en faire partie, ça a comme fermé un chapitre de cette vie-là. J’en suis super fière.»

L’essor du hockey féminin

Le cheminement de Mélodie Daoust dans le hockey est survenu au même moment où le hockey féminin gagnait en respect. «C’est fou, le hockey féminin, comment il y a eu des avancements, a-t-elle affirmé. On se battait pour voir une place dans le hockey sous-entendu masculin quand j’étais jeune. Maintenant, on ressent la vague que le sport féminin prend de l’ampleur et le hockey en fait partie.»

La franchise de Montréal a rempli le Centre Bell, la LPHF affiche complet aux six coins de la ligue et les amateurs en redemandent. «C’est un gros cheminement pour le hockey féminin, a-t-elle poursuivi. Je suis fière de la ligue et de voir comment les fans ont répondu à l’appel. C’est avec les fans qu’on fait avancer le sport. C’est un gros statement de remplir les arénas. Ça prouve que les gens en demandent. C’est énorme pour les joueuses d’être enfin reconnues professionnellement.»

L'essor du hockey féminin réjouit Mélodie Daoust. (Photo Martin Alarie : Archives)

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