Guillaume Charette, pilote de 3e génération

Guillaume Charette, pilote de 3e génération

Le pilote du «Project 7» de la classe Formule 2500, Guillaume Charette perpétue la tradition familiale léguée par son grand-père, Jean, et son père, Denys.

Crédit photo : (Photo: Journal Saint-François - Denis Bourbonnais)

MOTONAUTISME.  A ne pas en douter, le sport motonautique transcende les générations chez les Charette. A l’instar des familles Théorêt, Haworth, Métivier et Henderson, ils ont marqué à leur façon le monde des régates motorisées.

Guillaume Charette, pilote du «Project 7» de la Formule 2500, en sera à ses 8es Régates de Valleyfield à bord d’un hydroplane même s’il n’est âgé que de 26 ans. Son père, Denys, a connu une carrière fructueuse en tant que coureur dans la classe 7 litres avant de devenir un équipier de premier plan. Le grand-père, Jean Charette, a bâti et conduit des bateaux hors-bord à l’adolescence dans les années ’50 pour ensuite exercer un rôle de bâtisseur au sein de la Fédération nautique du Canada.

«Très jeune, je savais que je conduirais un jour» a attesté Guillaume Charrette, en entrevue accordée au «Journal Saint-François». «J’assemblais mes petits bateaux en Lego et j’accompagnais mon père aux courses toutes les fins de semaine. C’était clair que j’avais ça dans le sang (les régates). Dans les partys des fêtes, des histoires de régates étaient racontés chaque année.»

Jean Charette possédait son propre bateau hors-bord à l’adolescence au lac L’Achigan dans les Laurentides.

Ayant vécu son baptême aux Régates de Long Sault en 2011, Guillaume a fait campagne 3 ans avec le «Go Fast» de conception «Bergeron». L’acquisition du «Unfinished Business» S-11 lui a permis de gravir les échelons jusqu’à la 3e position au championnat de la classe 2,5 litres et d’obtenir une promotion en F-2500.

Guillaume Charette figure parmi les plus compétitifs de la Formule 2500 avec le «Project 7» F-17. (Photo: Marc-André Rhéaume – HRL)

En 2017, Guillaume s’est maintenu dans le «Top 5» durant la majeure partie de la saison aux commandes de l’ancien «Zebra» de Marco Poirier, «de loin la meilleure embarcation» qu’il a pilotée. Ayant accédé au podium deux fois dans les 3 dernières années à Valleyfield, Charette rêve d’une victoire aux 80es Régates.

«Cette année, je ne voulais pas me mettre de la pression avec les points et j’ai mis l’accent sur Valleyfield», reconnaît Guillaume, tout en faisant allusion à la réalité financière de la compétition en hydroplane. «Pour gagner aux courses, il faut de l’argent. Les coûts sont illimités et des commandites seront nécessaires pour continuer l’aventure», avance le résident de Salaberry-de-Valleyfield.

Une affaire de famille

Le paternel, Denys Charette, cumule les fonctions de chef d’équipe du «Project 7»  F-17 et il sait de quoi son fils parle. Natif de Montréal, l’homme âgé de 56 ans est devenu un Campivallensien d’adoption par la force des choses en 1990, ayant été propriétaire et pilote d’un hydroplane de la classe 7 litres pendant 6 ans.

Denys Charette a conduit le «Project 7» J-2 de la classe 7 litres, de 1986 à 1992, remportant notamment le championnat québécois. (Photo d’archives)

Denys a acheté le «Project 7» J-2 de Chuck Woodruff en 1986 et il a été l’architecte de la catégorie 7L au Canada. Sur l’eau, il a affronté les Mark Tate, Mike Mammano, Wheeler Baker, Steve David, Chuck Woodruff et autres grands noms américains, notamment lors des championnats du monde tenu à Valleyfield en 1988 et 1992. Denys a été le seul Québécois à se qualifier pour les deux finales et il a terminé 4e à chaque reprise.

Il a été compétiteur à l’époque où les bolides 7L et Grand Prix étaient réunies pour atteindre jusqu’à 24 embarcations dans un même événement. A sa première campagne, il a gagné la course Invitation à Picton en Ontario. Depuis qu’il a délaissé le pilotage à temps plein en 1992, le propriétaire d’une entreprise de lavage à pression s’est avéré un équipier hors pair pour de nombreuses écuries de course.

Principal responsable de la venue des bateaux 7 litres en tant que classe au Québec, Denys Charette a été photographié en compagnie de Kathy Niles, l’épouse du regretté Marty Niles, lors de la présentation d’un trophée décerné au champion canadien de la classe 7 litres au début des années ’90.(Photo d’archives)

Le grand-père, Jean Charette, a eu la piqûre pour les bateaux et les moteurs hors-bord dès l’âge de 10 ans au chalet familial au lac de l’Achigan dans les Laurentides. L’époux de Nicole Thibodeau a bâti des embarcations de classe «D Racing Runabout» et «D Stock Hydro» que ses beaux-frères Roch et Jean-Luc ont piloté pendant quelques années. Lui-même un coureur, en B racing hydro et notamment à l’Expo ’67 du temps des marathons, Jean a surtout laissé son empreinte sur le sport en tant qu’administrateur.

L’homme de 80 ans a campé les postes d’arbitre en chef, président de la zone Québec et commodore de la Fédération nautique du Canada au fil des années. Pendant son règne, un circuit québécois de la classe GP a vu le jour et le siège social de la FNC a été déménagé à Valleyfield. Un trophée portant son nom est remis annuellement à une personne qui a contribué largement au développement des régates.

Jean Charette conserve précieusement les documents et découpures de journaux du temps où il occupait des postes de direction à la Fédération nautique du Canada. (Photo: Denis Bourbonnais)

L’octogénaire à la retraite se réjouit de voir son petit-fils perpétuer l’héritage familial. «Je suis ça de près. Je suis content que Guillaume ait pris la relève et qu’il connaisse du succès», louange Jean Charest. «Quant au circuit HRL, j’appuie l’achat des bateaux. Une telle idée avait déjà été lancée pour la classe 145 (2,5 L). Je pense toutefois qu’il n’était pas nécessaire de quitter la FNC.»

Jean Charette tient à mentionner l’impact important que son frère, Roland Charette, a eu sur les régates. Premier propriétaire de la classe Grand Prix, le résident de l’Ile Bizard a construit lui-même l’embarcation «French Connection» GP-76 qu’il a conduit face aux Bill Hodge, Howie Benns, Joe Gimbrone, Antonio Rodriguez et autres légendes, avant de céder le volant à Bruno Brossoit. Un rassembleur auprès des équipes américains dans les années ’70, le disparu s’est avéré un précurseur dans diverses facettes du sport motonautique après avoir été membre de l’écurie «Dupont» dans la classe «Unlimited».

Son autre frère, Pierre Charette a couru dans la classe 145 pouces cubes avant d’agir comme président de l’Association Grand Prix et organisateur des Régates de Montréal dans le Vieux-Port en 1985.

La famille a opéré une entreprise d’importation de café jusqu’en 1998 avant que Denys devienne propriétaire d’une compagnie de lavage à pression. Parmi les histoires de régates qui sont racontées le plus souvent pendant les partys des fêtes, celle qui revient constamment est l’épisode où Roland Charette avait attaché son frère Jean sur le devant de son bateau hors-bord pour faire le contre-poids et empêcher que l’embarcation de soulève. On était loin des hydroplanes d’aujourd’hui…

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