Le double-message de l’humanité face à la nature

Par Yanick Michaud
Le double-message de l’humanité face à la nature
Le pissenlit donne la première miellée de la saison. Il fournit nectar et pollen en abondance aux abeilles. (Photo : Internet)

ÉDITORIAL – L’autre soir, quelques minutes avant de m’effondrer dans les bras de Morphée, je regardais la télé tranquillement afin de me détendre.

Entre deux séquences de l’une des séries qui me tiennent au piège actuellement, deux publicités ont attiré mon attention. Vraisemblablement parce qu’elles ont été présentées coup sur coup.

Un 30 secondes, suivi de l’autre 30 secondes. Possiblement que prises séparément, je n’aurais pas soulevé l’impertinence. Mais mis l’un à la suite de l’autre ces deux messages ont soulevé quelque chose. À tout le moins une réflexion.

Protéger la nature ou la tuer?

Ainsi, une publicité lumineuse de Cheerios. On n’y parle que peu ou pas de céréales. On parle de l’importance de protéger et de sauver les abeilles. De leur apport primordial à la survie de l’humanité. On propose de planter des fleurs, des arbres, qui pourront aider les abeilles à s’en tirer, à essaimer et à produire du miel. Mais surtout à polliniser et à fournir à la nature un souffle important en cette ère de changements climatiques.

Des enfants s’affairent à repérer les meilleures fleurs pour aider leurs amies ailées à poursuivre leur important travail. Celui qu’elles font depuis des milliers d’années. Avant que l’humain ne devienne le goujat pollueur qu’il est.

C’était la première publicité.

Sans coup férir on se retrouve face à la suivante. On y voit un citadin, fortement préoccupé par la malédiction que lui amène le fait de voir pousser des pissenlits sur son terrain. Un homme muni de son puissant herbicide en bouteille. Il propulse le produit sur les herbes qui s’effondrent. Mettant ainsi un terme à la vie de cette petite fleur jaune qui ne demande qu’à faire son effort en matière d’environnement. Morte. Nettement.

Qui a décidé un jour que les pissenlits étaient laids? Qu’il fallait éradiquer ces jolies fleurs jaunes qui rappellent le beurre coulant sur le menton d’un enfant? Un coup et c’est parti. Un coup et c’est la mort. Imaginez, cette fleur jaune, qui meurt. Imaginez ce qui se trouve autour. La fleur, ses racines, tout est annihilé. Mais le produit poursuit sa vague, se retrouve dans la terre, dans l’eau, dans la nature. Le trèfle, le lilas, les pommiers.

Un produit potentiellement mortel pour beaucoup plus que la fleur jaune à laquelle il était destiné. Je ne dis pas que les pissenlits vont sauver les abeilles, mais les fleurs, les arbres qui se trouvent autour, eux, le pourraient.

Et on demande de sauver les abeilles. Et on tue à grands jets de produits chimiques la nature. C’est moi ou?

Partager cet article

2
Laisser un commentaire

avatar
2 Comment threads
0 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
2 Comment authors
1011Gregory McKenna Recent comment authors
  S'inscrire  
plus récent plus ancien most voted
Me notifier des
Gregory McKenna
Guest
Gregory McKenna

De plus, pour plusieurs sortes d’insectes polinisateurs tels que les abeilles, le pissenlit est le premier pollène de l’année après un long hiver. Toute les parties de la plante sont consommables pour l’humain. Mais pas avec du poison dessus.

1011
Guest
1011

Petit partage, plasticienne je débute une nouvelle série sur ce sujet. Une série de dessins au crayon de couleur évoquant, par une suite d’abeilles mortes, la pollution par les substances chimiques et les pesticides utilisés dans l’agriculture. A découvrir :
https://1011-art.blogspot.com/p/vous-etes-ici.html
Cette série sera présentée dans le cadre des Rencontres Philosophiques d’Uriage en octobre 2019 répondant à la question « L’art peut il changer le monde ? »