Billet d’humeur : Pelleter par en avant

Par Hélène Gingras
Billet d’humeur : Pelleter par en avant
Le Noël 2020 passera à l'histoire. (Photo : Depositphotos)

Êtes-vous du genre à faire face à la musique?

Si vous êtes de ceux qui n’acceptent pas que les rassemblements soient annulés à Noël, vous n’aimerez pas ce billet. Ou si vous avez décidez de faire fi de la directive.

Personnellement, je nous trouve égoïstes. Et immatures. On a passé les derniers mois à dire que les entreprises devaient se réinventer. Innover. Sommes-nous incapables d’en faire autant? À une seule occasion?

La technologie est omniprésente dans nos vies. Et les moyens de communiquer, nombreux. J’en comprends que ce n’est pas comme se voir en vrai. Que les grands-parents se meurent de voir leurs petits-enfants. Et vice-versa. Et que Noël est un moment important. Mais, avec un vaccin sur le point d’être distribué, les occasions de célébrer seront nombreuses en 2021. On parle de quelques semaines ici.

Je comprends que tout le monde est tanné. Que c’est plate. Que c’est long de ne rien faire. Il est là notre drame. Tout ce qu’on nous demande, c’est d’attendre. Sous un toit. Avec les nôtres. En sécurité. Pas de s’enrôler dans l’armée. Ni de fuir un pays en guerre. En laissant tout derrière soi. En souffrant en plus de froid et de faim.

On ne nous demande pas non plus de porter un masque, une visière, des gants et une blouse médicale en permanence. De travailler en zone rouge. Et d’enfiler les heures supplémentaires sans pouvoir refuser.

Des milliers d’infirmières, de préposés aux bénéficiaires et de médecins qui n’auront pas cette chance. Parce qu’ils ne célèbrent jamais Noël, travail oblige. Et qui payeront le prix des imprudences des gens après les fêtes. Où est passée notre empathie du printemps avec nos anges gardiens?

«Ne pas tourner le dos à la réalité? Oui, mais est-ce que la réalité ne nous entoure pas de toutes parts?»

-Stanislaw Jerzy Lec

Il faut avoir vécu sur une autre planète ces derniers mois pour ne pas savoir que le personnel œuvrant dans le système de santé est à bout de souffle. Et que les respirateurs artificiels sont comptés.

Déjà, certaines chirurgies sont retardées depuis plusieurs mois. Pourrons-nous vivre avec le fait qu’un proche en payera le prix? Sans aucune once de responsabilité? Parce que celle-ci nous appartient…

On nous demande de rester à la maison. De fêter avec les gens de notre bulle. Déjà là, c’est une chance que tous ceux qui ont perdu un être proche atteint de la COVID-19 n’auront pas.

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