Un cocktail mortel pour des milliers d’abeilles

Par Yanick Michaud
Un cocktail mortel pour des milliers d’abeilles
Joël Laberge a vu des milliers de ses abeilles perdre la vie récemment. Mélanie Gingras est venue démontrer son appui à l'apiculteur de Saint-Stanislas-de-Kostka. (Photo : Photo Yanick Michaud)

En l’espace de quelques heures l’apiculteur de Saint-Stanislas-de-Kostka, Joël Laberge a perdu au-delà de 600 de ses ruches.

Des milliers d’abeilles sont mortes dans les champs à proximité des ruches de la Miellerie Saint-Stanislas. Pour Joël Laberge, nul doute que ses protégées ont été tuées par un cocktail empoisonné. L’arrosage de pesticides en plein jour par des agriculteurs de la région pourrait avoir eu raison de ses abeilles. Son gagne-pain. « Les produits ont été vaporisés en plein jour, lors que les vents sont trop forts. Mais surtout lorsque les abeilles sont en action. C’est dans le jour qu’elles pollinisent. Si au moins c’était fait de nuit. On sème la nuit. On récolte la nuit. Mais on arrose le jour. Je ne comprends pas », lance l’homme qui est dans le domaine du miel depuis de nombreuses générations.

Il ne désire pas blâmer les agriculteurs avec qui il dit entretenir de bonnes relations. « Nous ne voulons pas la guerre. Mais il faut qu’il se passe quelque chose. Je ne veux pas me mettre personne à dos. Mais il faut se protéger entre nous », explique Joël Laberge.

Un mélange mortel

L’apiculteur croit que les abeilles ont été victimes des circonstances. Un mélange nocif. « Les herbicides pris séparément pourraient ne pas tuer nos abeilles. Mais il y a eu les produits arrosés, la sécheresse, les vents forts, l’arrosage de jour. Puis nous avions rassemblé nos ruches pour un voyage vers le Lac-Saint-Jean. Elles étaient toutes ensemble. Et ça a joué contre elles. Elles ont été boire dans les feuilles du maïs. Celui-ci produit une eau qui est nocive. Mélangée aux herbicides c’est pire. On tente de faire analyser le tout, pour découvrir la concentration. Mais ce ne sera pas facile de trouver », juge l’homme qui compte sur son fils pour la relève de l’entreprise.

Les abeilles sont en péril partout sur la planète. Et au Québec, celles de la Miellerie Saint-Stanislas sont les premières exposées au danger. « Nous sommes dans le Sud-Ouest et c’est ici que l’agriculture se met en branle en premier au Québec, chaque année. Alors nous sommes les premiers à subir quand il y a des dommages. Nous sommes les lanceurs d’alerte. C’est la même chose depuis les années 90. Mais depuis 2007, nous levons le drapeau chaque année », ajoute Joël Laberge.

Une manifestation contre les pesticides

Mélanie Gingras se sent interpellée par le cri du cœur de l’apiculteur. Amoureuse de l’environnement, de la nature, de l’eau, elle désire prendre le taureau par les cornes. « Je prenais une marche avec mon chien et j’ai vu l’agriculteur faire de l’épandage. J’ai senti quelque chose d’anormal. J’ai eu l’odeur directe. Puis j’ai vu l’histoire des abeilles. J’ai un amour sincère en ce qui concerne leur sauvegarde. Je désire mobiliser les gens et attirer l’attention. Pour faire bouger les choses », indique la citoyenne d’Ormstown.
Ainsi, le 13 juin, dès 9 h 30, elle voudrait que la population vienne manifester son appui à l’apiculteur et décrier l’arrosage d’herbicide.

« Je veux rassembler les gens. Mais dans le respect de tous. Avec la distanciation. En profiter pour une sortie familiale qui permettra d’en apprendre plus sur l’environnement », invite la sympathique dame.

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Sandrine Vinet
Sandrine Vinet
5 mois

Bonjour, cette histoire m’attriste et me scandalise à la fois. Ces abeilles sont le canari dans la mine! Comment peut-on affirmer que les herbicides et pesticides sont sans danger pour notre santé et celle de notre planète!? Il est temps qu’on se réveille! Il serait intéressant de faire un reportage sur l’agriculture biologique ou au moins nous faire connaître les agriculteurs qui n’utilisent pas d’herbicides ou de pesticides tueurs d’abeille, et cela afin de nous donner une option respectueuse de l’environnement. Je serais prête à payer le maïs beaucoup plus cher si j’étais capable de m’approvisionner en maïs biologique et local!

France Lemieux
France Lemieux
5 mois
Répondre à  Sandrine Vinet

Joel Laberge a été notre mentor (2009-2015) pour nous aider avec notre unique ruche. L’agricul-teur nous disait quand il devait arroser et on mettait les abeilles à l,abri. Mais c’est arrivé que la ruche  »essaime » Joel était là. Que la reine meurt. Joel nous en trouvait une autre. notre miel était-il aux néocoinoides du maîs? Comme mon sirop d’érable au glyphosate ou autres chose? Et la culture du mais dans le Suroît… c’est généralement pour consommation animale et non pour consommation humaine. Alors le biologique ça pourrait être long. Mai s j’ai appris sur les contaminants…pas plus drôe que les changements climatiques.

Francine Houle
Francine Houle
5 mois

Oui les animaux nous tracent la route – J’ai un cousin qui est dans le domaine de la culture dans une autre région et qui a le Parkinson – Tous ceux qui étaient dehors lors de cet événement devraient suivre attentivement l’état de leur santé – C’est sérieux – L’Organisme Mondial de la Santé c’est bien beau mais c’est trop gros (comme un éléphant dans la pièce). Un organisme régional rattaché à chaque région et chapeautant la santé de tous les organismes vivants conscientiserait beaucoup plus les gens de chaque région qui pourraient se consulter entre chaque région car actuellement, il semble que la main gauche ignore ce que la main droite fait. Je me pose la question pourquoi la Covid-19 a frappé plus fort en Montérégie, est-ce à cause de la pollution agricole par les pesticides (les poumons peuvent en être affaiblis ainsi que les intestins, etc.) peut-être…

Richard Lupien
Richard Lupien
5 mois

Le gouvernement canadien a donné la permission il y a quelques mois d’utiliser ces poisons pour encore dix ans.
Ce qui est incompréhensible. Les multinationales ont des lobbyistes très proches du département de l’agriculture.
Que faudrait-il pour un jour comprendre que la nature se meurt à petit feu?
Richard Lupien
Ormstown