Serge Marcil a laissé un magnifique héritage

Par Yanick Michaud
Serge Marcil a laissé un magnifique héritage
Des religieuses membres de la Communauté des Petites soeurs immaculées s’occupent des enfants avec le soutien et les encouragements de la Fondation. Ces enfants sont souvent atteints de maux qui sont incurables ou difficilement soignables dans un pays comme Haïti. « Nous rencontrons les mêmes complications pour les difficultés d’apprentissage inhérentes à la sous-alimentation in utero ou après la naissance et pour les troubles telle la dyslexie », dit Christiane Pelchat que l’on aperçoit dans cette photo d’archives. (Photo : Archives)

Il y a dix ans, la terre tremblait à Haïti.  

La catastrophe a fait des centaines de milliers de morts. Elle a laissé des milliers d’enfants orphelins. Le tremblement de terre a provoqué la désolation. Mais il a aussi entraîné dans la mort un grand homme d’ici. Serge Marcil a péri le 12 janvier 2010 dans le décombres d’un hôtel d’Haïti.

Mais l’homme a laissé un bel héritage derrière lui.

« Dix ans plus tard, on se demande toujours si Haïti s’en sortira. Si ce sera un jour un pays où l’on pourra vivre en paix et en sécurité. Serge se demanderait sûrement comment ils n’ont pu rien faire encore pour l’éducation des enfants. Si ce n’était de notre orphelinat, les enfants, une quarantaine, ne mangeraient pas et n’iraient pas à l’école », explique Christiane Pelchat. La femme a perdu son mari, Serge Marcil ce jour fatidique de 2010. Elle est aujourd’hui la présidente de la Fondation qui porte le nom de son mari.

Poursuivre la mission grâce à la Fondation Serge-Marcil

Serge Marcil a été le député de Beauharnois-Salaberry. Homme politique, il a néanmoins amorcé sa carrière dans l’éducation. Dans le monde de l’enseignement. « Les gens de la région ont d’abord connu Serge comme enseignant. Il prônait l’éducation des enfants. C’était notre dada. Il a travaillé un an et demi à Haïti pour l’enseignement et l’éducation. Mais malgré tous ses efforts, et malgré son départ, après 10 ans, il n’y a toujours pas de structure dans ce pays. Le gouvernement ne fait rien », se désole la veuve de Serge Marcil qui poursuit la mission malgré les obstacles.

Serge Marcil, ancien député disparu lors du tremblement de terre en Haïti, le 12 janvier 2010. (Photo archives)

« Avant que ça arrive, notre but était de contrer l’indifférence pour l’aide à l’enfance. Nous aidions déjà des enfants de la rue. D’ailleurs, au Sénégal, nous avons trois garçons que nous avons extirpés de l’itinérance. Nous nous en occupons depuis 1998. Depuis nos premiers jours en coopération humanitaire, Serge et moi avions décidé de ne pas baisser les bras devant l’injustice et la misère des enfants », explique l’avocate et détentrice d’un baccalauréat en sciences sociales.

Faire la différence

Dès l’effondrement d’une grande partie du pays, Christina Pelchat savait qu’elle devait poursuivre son engagement. Un premier geste d’accompagnement a consisté à reconstruire l’orphelinat dont elle s’occupe toujours aujourd’hui. « Jusqu’à cette année, trois classes étaient sises à l’orphelinat. Depuis, les enfants ont grandi et ils sont devenus admissibles à l’école de la Paroisse Saint-Raphaël dans le village d’Étang-Rey », lance-t-elle.

Mieux encore, grâce à la Fondation, trois jeunes filles ont obtenu leur diplôme technique. Deux jeunes garçons poursuivent leurs études en agronomie. Un autre a gradué en électricité, alors que deux jeunes filles sont inscrites en études infirmières.

« Aujourd’hui, l’action de la Fondation Serge-Marcil prend de l’ampleur. Nous sommes en train d’agrandir le dispensaire de la Communauté religieuse afin d’offrir des services aux villageois d’Étang-Rey. Par ailleurs, nous envisageons d’engager une infirmière pour appuyer la sœur qui offre les premiers soins aux habitants. Nous explorons l’idée d’engager ces futurs diplômés en infirmerie et en agronomie pour développer des activités qui profiteront à la Communauté et à Étang-Rey », poursuit Christiane Pelchat.

Elle participera ce dimanche, une décennie après l’accident qui a entraîné l’homme de sa vie dans la mort, à un hommage spécial. Une grande commémoration se tiendra à la TOHU à Montréal. On en profitera pour dévoiler des bourses, dont une au nom de Serge, qui seront remises à de jeunes Haïtiens qui vivent et étudient maintenant ici. C’est très touchant cette manière de rendre hommage », conclut celle qui entend maintenant poursuivre le travail.

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Merci a la Fondation Serge-Marcil pour tout. (depuis Haiti)