La culture doit obtenir plus de reconnaissance et de subventions

Par Yanick Michaud
La culture doit obtenir plus de reconnaissance et de subventions
Claudéric Provost désire en obtenir plus pour faire resplendir davantage la région. (Photo : Archives)

Ce que Claudéric Provost déplore, c’est que les attraits qu’offre le Suroît passent inaperçus dans une trop grande mer.

« Ça fait 20 ans que je reste ici et je m’en suis rendu compte rapidement. J’ai été élevé un peu plus loin sur la Rive-Sud et pourtant je ne connaissais pas le Suroît. Pour moi ça n’existait pas. Pourtant, nous avons tant à offrir », explique le directeur général et artistique chez Valspec.

Heureusement toutefois, la capitale du Suroît vit un renouveau, ce qui laisse présager du bon. « On a plein de potentiel. Il faut juste se faire voir. C’est difficile de faire comprendre aux gens que nous sommes un diffuseur pas seulement local. Nous devons faire rejaillir sur toute la grande région. Sur l’ouest de la Montérégie. Nous pouvons offrir plus, mais nous devons obtenir plus », plaide Claudéric Provost.

Besoin de subventions en culture

Il demande également de l’aide en matière de subventions. « Ici, le Conseil des arts et des lettres est séparé en trois. Ce qui fait que chaque fois qu’il y a une enveloppe, elle est séparée en trois », explique-t-il.

Surtout que l’argent est difficile à aller chercher dans la région. Beaucoup en raison de la proximité de Montréal. « Nous sommes au dernier rang parmi toutes les régions du Québec quant à l’investissement en culture par habitant de l’administration publique québécoise », relate Claudéric Provost qui l’a constaté récemment dans une étude de l’importance économique du secteur culturel en Montérégie. On peut y lire que : « Cet investissement n’est que de 24 $ par habitant, soit 88 % de moins que la moyenne nationale qui est à 203 $… En comparaison, Québec reçoit 629 $ par habitant et Montréal 458 $. En même temps, notre région connaît une croissance soutenue du nombre de ménages de 5,9 % depuis 2016. Ce déficit considérable est donc en augmentation tandis que le besoin pour une offre culturelle est en croissance. »

Un manque d’infrastructures

On peut y voir aussi que 71 % des travailleurs du secteur culturel quittent la Montérégie pour leurs activités professionnelles. « Les gens partent, souvent à Montréal, parce qu’il manque ici d’infrastructures adéquates, d’ateliers, de programmes, de mesures de soutien, d’aménagements publics », dévoile-t-on.

La culture et l’identité régionale sont intimement liées et constituent un puissant vecteur de développement et d’attractivité touristique. « Pour l’industrie touristique de la Montérégie, le déploiement d’une activité culturelle dynamique et prospère contribue à l’offre de la destination en renforçant l’identité du territoire et à sa différenciation. Nous voyons un intérêt à ce que les créateurs et les artistes aient de plus en plus accès à des infrastructures de qualité dans notre région afin de générer encore plus d’activités », soutient Mario Leblanc, directeur général de Tourisme Montérégie.

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