COVID-19
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Bris de service évité au refuge de Valleyfield

vendredi le 21 janvier 2022
Modifié à 11 h 37 min le 21 janvier 2022
Par Eric Tremblay

etremblay@gravitemedia.com

Le CISSSMO a envoyé du renfort au refuge de Valleyfield pour maintenir ouverte la ressource en itinérance lors de la période de grands froids. (Photo - depositphoto)

Alors qu’une vague de froid fragilise encore plus la réalité des itinérants, le refuge à haut seuil de tolérance est passé bien près d’un arrêt de service temporaire. Le réseau est venu préserver la ressource au moment où plus de la moitié des intervenants étaient affectés par la COVID.

«Il n’y a eu aucun cas chez les usagers, mais c’est parti dans l’équipe et ça a eu l’effet d’une bombe, explique Marilou Carrier, directrice adjointe à la Maison d’hébergement et dépannage de Valleyfield. En l’espace de quelques jours, six personnes étaient positives à la COVID. »

Le personnel tombait. Au point où il ne restait plus assez d’employés pour assurer un service adéquat et sécuritaire.

Le tout, au moment où le mercure atteint ses points les plus bas de l’hiver. Alors que le refuge de la rue Wilfrid augmente légèrement sa capacité d’accueil. Depuis le début de l’hiver, deux sans-abris ont été retrouvés morts dans la région montréalaise. L’un d’eux, confirmé en raison de l’hypothermie.

« Les soirs de grand froid, ça attend devant la porte pour entrer, confirme Mme Carrier. On change un peu nos procédures pour augmenter l’accueil. » Dans ces conditions, jusqu’à 12 personnes ont pu bénéficier de la ressource chaleureuse.

La Halte du coin, un refuge situé à Longueuil, a dû fermer temporairement ses portes en raison de la COVID. La même chose aurait pu survenir à Valleyfield. « On ne voulait pas mettre la clef dans la porte, assurer la directrice adjointe. Des gens dans mon équipe ont fait des quarts de travail double. J’ai vu un bel élan de solidarité. C’est contagieux de vouloir aider. Mais il ne restait que cinq employés, ce qui n’était pas assez. »

Élan de solidarité

Le réseau s’est rapidement serré les coudes. «Lundi, j’ai rapidement contacté Louis-Philippe Boucher, organisateur communautaire au Centre intégré de santé et services sociaux à la Montérégie-Ouest, indique Mme Carrier. Avec Martin Tétreault, directeur adjoint à la direction des programmes en santé mentale et dépendance, une réunion d’urgence, une réunion d’urgence a été organisé et le soir, j’avais du back up pour maintenir le refuge ouvert. On a travaillé de tout cœur pour que ça ne ferme pas. »

Des bras supplémentaires sont venus assurer l’accueil des usagers, mais aussi servir les repas et faire le lavage. Ce qui a permis de diminuer le stress dans la ressource et éviter un bris de service dans une période critique.

Test PCR et N95

Les intervenants au refuge sont considérés comme des employés du réseau de la santé. Ils ont ainsi accès à des tests PCR. Ce qui a permis d’éviter une éclosion au refuge, juge Marilou Carrier. 

Après l’isolement requis par un résultat positif, les employés peuvent revenir au travail. Après sept jours. Ils ont ensuite droit à un masque N95 au moins pour une période de 48 h après la disparition du dernier symptôme.

L’AbriBus aussi affecté

Le refuge accueille les personnes en situation d’itinérance entre 17 h et 8 h. De jour, ils ont accès à l’Unité mobile chaleur stationnée au Marché public. Les bénévoles de l’AbriBus ont aussi été affectés par la COVID. Là aussi, le réseau de santé local a envoyé des renforts pour préserver le service. 

La ressource cherche toujours des bénévoles. Pour joindre l’équipe, on peut contacter la MHDV au 450 371-9630.