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L'itinérance se cherche une place au chaud

mardi le 11 janvier 2022
Modifié à 12 h 24 min le 27 janvier 2022
Par Eric Tremblay

etremblay@gravitemedia.com

La MHDV est très sollicitée actuellement. (Photo - depositphoto)

Le phénomène de l’itinérance ne prend pas de congé par grand froid. Les places d’hébergement dans la région se comblent tout comme les petits endroits où on peut aller chercher du réconfort.

« On répond à la demande, assure André Couillard, directeur général et clinique à la Maison d’hébergement et dépannage de Valleyfield. Le vrai défi demeure dans les heures d’intervention et le personnel disponible. »

À Montréal, la situation a été qualifiée de catastrophique. Hier, un sans-abri de 74 ans a été retrouvé mort sous un viaduc. C’était alors la journée la plus froide de l’hiver.

Le besoin d’hébergement est toujours présent l’hiver, mais il est différent. La population itinérante est moins en errance. « Je ne peux pas les empêcher de bouger, commente M. Couillard. Se défaire de ce mode de vie-là n’est pas facile. Mais quand il fait – 25 degrés, les gens ont tendance à garder la place qu’ils ont trouvée. »

Dans le Suroît, l’unité mobile chaleur, l’AbriBus, est en opération le jour, supportée par 80 % de personnel bénévole. Une ouverture de soir n’est pas prévue puisque le refuge à haut seuil de tolérance prend le relais. « Quand une place se libère, elle se comble rapidement, assure M. Couillard. Il y a neuf places et le refuge doit respecter les règlements municipaux. Mais je ne commencerai pas à les [itinérants] coucher à terre. Je traiterai les demandes de façon clinique. »

Malgré la pandémie, la MHDV a toujours été dans la capacité de maintenir ses services. Auparavant, 30 % des usagers provenaient de la région montréalaise. En ce moment, la population accueillie provient essentiellement du Suroît.

« À la MHDV, on fait remplir un questionnaire COVID, ajoute le directeur général et clinique. Dans certains cas, on oblige le port du masque, un test de dépistage négatif à son travailleur social et on a une salle pour s’isoler. Douze personnes s’y sont retrouvées. C’est une façon pour nous de préserver le service. C’est un milieu de vie ici.»

M. Couillard compare le tout au jeu de la roulette russe. Mais il aurait agi de la même façon pour des personnes atteintes de la gastro-entérite. L’objectif est de préserver le personnel et les usagers et maintenir les hébergements ouverts. 

La Ville tolérante

Valleyfield a mis en application la recommandation de la Santé publique qui demandait de tolérer les itinérants dans ses endroits ouverts. En raison de l'urgence sanitaire, seule la bibliothèque est ouverte. Le flânage y est habituellement interdit, mais la Ville va permettre aux gens de s'y réfugier vue la situation extrême. Ils devront respecter les mesures sanitaires comme le port du couvre-visage.

Cependant, on invite cette population à se diriger vers les services tels le refuge ou l'AbriBus. Incidemment, l'unité mobile chaleur cherche à recruter des bénévoles ce qui pourraient, peut-être, lui permettre d'étendre ses heures d'ouverture.