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Deux projets novateurs pour encourager le raccrochage scolaire

mercredi le 24 novembre 2021
Modifié à 0 h 00 min le 25 novembre 2021
Par Eric Tremblay

Marc-André Messier, directeur de la Maison de la jeunesse 12-17, et l'enseignante Geneviève Dupuis-Savard croient beaucoup dans une approche novatrice pour contribuer au raccrochage scolaire. (Photo Journal Saint-François - E.T.)

Geneviève Dupuis-Savard partage l’idée que pour contrer le décrochage scolaire, il faut des projets alternatifs en petit groupe. L’enseignante de l’école du Nouvel-Envol a justement développé deux initiatives stimulantes qui sont allées chercher les jeunes là où ils flânent, à la Maison de la jeunesse 12-17.   

«Ce que veulent les jeunes, c’est avoir un métier qu’ils aiment et avoir une famille. Vivre, affirme Geneviève Dupuis-Savard. Mais souvent, ils sont occupés à survivre. Il faut penser à une alternative au cursus régulier.»

Au Centre de services scolaire de la Vallée-des-Tisserands, le taux de diplomation après cinq ans au secondaire se situe à 58,7 % selon les chiffres du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur de 2019.

Marc-André Messier, directeur de la MDJ 12-17 a qualifié l’enseignante de volcan en ébullition. Avec plein de bonnes idées. Il l’a donc laissé aller au contact des jeunes qui traînaient sur place.

Avant la pandémie, le projet Neurones et cuisine a servi de laboratoire. L’aspect culinaire des ateliers permettait de développer l’estime de soi et d’aborder les saines habitudes de vie.

«Ça prend entre 6 mois et 1 an pour augmenter l’estime de soi chez les 16-24 ans, laisse-t-elle entendre. Quand ils tombent dans la dissolution de problème, ces jeunes vont opter pour faire ce qui va les faire moins souffrir plutôt que ce qui sera le plus plaisant. » Ce qui revient à dire qu’ils voient davantage le verre à moitié vide.

Festin de livres

Cet automne, le projet Festin de livres a germé. Celui-ci consiste à mettre en route une bibliothèque éphémère qui visitera les écoles primaires. La douzaine de participants sont inscrits au Nouvel-Envol au cours d’Initiation à l’organisation événementiel. Ils composent l’équipe technique et gèrent entièrement l’activité. De la gestion de l’inventaire, aux communications avec les écoles et agents de liaison. Une petite entreprise avec un volet subtil; l’enseignement d’une multitude de notions.

«La lecture est partout dans ce projet, explique l’enseignante. C’est reconnu comme un des déterminants de la réussite. Souvent, les élèves qui éprouvent des difficultés de lecture dès la 2e année du primaire, on sait qu’ils sont à risque de décrochage à 14 ans. »

Les participants développent des aptitudes complémentaires lors de ce projet, notamment avec la confection de marionnettes géantes avec Carl Vincent du Théâtre du Crapaud cornu. Parce que le Festin de livre se veut une vitrine ludique sur le monde de la lecture. Une vitrine qui sera ouverte sur son quartier après les heures de classe. À laquelle des organismes communautaires se grefferont pour présenter leurs services. 

«Pour les participants, ça a changé leurs habitudes de vie, a constaté Mme Dupuis-Savard. J’agis ici comme guide. Je les réaiguille. »

La tournée du Festin de livres va se terminer par une grande foire à la Maison de la jeunesse au mois de juin.

Défie tes limites

L’autre projet consiste en un concours 100 % adrénaline. Les 12 participants avaient quitté l’école et développé des habitudes de consommation. Défie tes limites vise à leur faire vivre d’autres sensations fortes. Que ce soit la course automobile, la survie en forêt ou le bungee entre autres.

«Il s’agissait de projets stimulants au cours desquels ils ont rencontré des intervenants qui leur ont fait confiance, souligne l’enseignante. Un jeune m’a dit qu’il était content parce que, pour une fois, il avait quelque chose à raconter à sa mère. »

Le parcours de ces gens inscrits en Initiation à la production vidéo est documenté. Les jeunes doivent présenter des images de leurs efforts. L’assiduité, la participation et les vidéos permettent d’accumuler des points. Au terme du défi, le 15 décembre, deux prix de 1400 $ seront remis. Des bourses qui doivent servir pour des projets personnels.

À titre d’exemple, un participant aimerait se doter d’équipements pour ses cours de plongée. Un autre souhaite faire son cours de conduite. 

L’estime de soi

Un chercheur de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue analyse les résultats des différents projets. L’approche novatrice pour contrer le décrochage scolaire pourrait trouver écho ailleurs. Ou différemment. Mais visiblement, Geneviève Dupuis-Savard est habitée d’une mission.

«Les jeunes ont besoin d’être vus et entendus, dit-elle. On leur a trop souvent dit de s’asseoir et de se taire. Cet automne, j’ai vu les jeunes évoluer. Leur estime de soi est plus grande. De vivre des succès change la perception d’eux-mêmes et ensuite tout change. »

Elle croit fermement à la collaboration entre les organismes et les centres de services scolaires pour contrer le décrochage scolaire. 

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