Opinion

Une ville en métamorphose

vendredi le 23 avril 2021
Modifié à 18 h 35 min le 23 avril 2021
Par Mario Pitre
Si le projet Buntin lancé par la Ville de Salaberry-de-Valleyfield aura l’effet d’une métamorphose pour le Quartier-Nord, on peut aussi dire que c’est toute la ville qui est phase de mutation. Cette métamorphose s’opère déjà de manière progressive depuis quelques années. Depuis le parachèvement de l’autoroute 30, de nouvelles entreprises s’implantent chez nous. Celles qui étaient déjà implantées prennent de l’expansion. Que l’on pense seulement à Groupe Meloche, Ali Excavation, Ébénisterie EBSU, Diageo ou aux Industries JPB. Ces investissements industriels entraînent la création de nouveaux emplois, attirent de nouveaux résidents et accentuent le prolongement de la banlieue ouest de Montréal au-delà de Vaudreuil-Dorion, jusque chez nous. S’en suit le développement de nouveaux secteurs résidentiels. Jamais n’aura-t-on vu autant de constructions neuves dans la capitale régionale, dans la Baie, dans Grande-Ile, dans le Bassin et même dans le centre-ville élargi. On voit ainsi apparaître le concept de gentrification qui, dans un besoin de contrer l’étalement urbain, se concrétise par l’apparition d’immeubles de 5, 10 étages au centre-ville. On construit en hauteur afin de limiter le développement en périphérie. Bien sûr, certains réagiront négativement à cette transformation urbaine; diront que ce n’est plus le Valleyfield qu’ils ont connu autrefois. Mais ainsi en est-il du développement des villes. Dans ma carrière, j’ai eu l’occasion de travailler dans l’Ouest de l’île de Montréal à la fin des années 80, alors que ce secteur connaissait un important boom immobilier. Plus tard, j’ai œuvré à Vaudreuil-Dorion, où des municipalités comme Pincourt, Notre-Dame de l’Ile Perrot et Saint-Lazare ont tous connu un essor démographique important. Une constante demeure partout, c’est que les élus en place doivent faire preuve de parcimonie lorsque vient le temps d’autoriser le développement de divers secteurs : environnement, fluidité de la circulation, patrimoine deviennent rapidement des sources de contestation. Il demeure que le paysage actuel Salaberry-de-Valleyfield ne ressemble plus à celui d’il y a 50, 60 ans. Et celui de 2050 n’aura sans doute rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Encore faudra-t-il faire preuve d’ouverture, de perspicacité et d’originalité pour faire en sorte que développement réponde aux multiples besoins de ses habitants, tant sociaux qu’économiques.

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