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Une productrice de camerises qui a su oser et foncer

le mercredi 29 septembre 2021
Modifié à 0 h 00 min le 23 septembre 2021
Par Yanick Michaud

ymichaud@gravitemedia.com

Nathalie Lacroix des Petits fruits Saint-Louis a su se réinventer pour devenir une productrice de camerises parmi les plus appréciées au Québec. (Gracieuseté)

De pâtissière-chocolatière à agricultrice entrepreneure, il y a tout un champ.

Un long champ d’expertise qu’a décidé de franchir Nathalie Lacroix, des Petits Fruits St-Louis, un verger de camerises, niché à Saint-Louis-de-Gonzague. « Mon conjoint a toujours voulu avoir une terre. Il était attiré. Nous avons commencé à regarder et quelqu’un a mentionné ce terrain ici. C’était trop petit pour une grande culture, mais nous avons quand même acheté en ne sachant pas ce que nous allions y planter », rigole l’agricultrice qui s’est découvert une passion.

La camerise, ce succulent petit fruit qui ressemble à un bleuet allongé s’est présentée par hasard. « Nous nous demandions ce que c’était. Les premiers plants sont arrivés au Québec en 2007. En fouillant sur Internet, nous avons vu des vergers au Lac-Saint-Jean. On a fait le voyage jusque-là et nous avons bien aimé ça. Mais puisque c’était plutôt méconnu, certains ont tenté de nous décourager. Malgré leurs réserves, nous étions confiants. Tant qu’à se lancer dans une nouvelle aventure, pourquoi ne pas tenter le coup pour vrai », ajoute la mère de famille qui devait, en plus, conjuguer avec cette nouvelle réalité à l’époque.

De grands investissements

Visant une multiculture, d’où le nom de Petits fruits St-Louis, ils ont entreprise de gros travaux. « Nous avons emprunté de la grosse machinerie, préparé le champ et finalement, nous avons dit, tant qu’à faire, ce sera 8000 plants de camerises », explique Nathalie Lacroix qui venait, en plus, d’acheter la terre.

« Nous devions compter plusieurs années avant d’espérer un rendement. Nous devions vendre en gros à un acheteur. Mais quelques jours avant la première récolte, il a cassé les prix. Mon mari a dit, on ne vendra pas. J’aime mieux que les plants meurent dans le champ que de vendre à ce prix », relate celle qui a alors porté le chapeau de représentante.

« J’avais des tonnes de camerises. Je suis partie avec mes paniers et j’ai décidé d’approcher des marchands, des boulangeries, des restaurants, des producteurs locaux. Un à un. Et ça a fonctionné. Nous sommes maintenant fournisseurs pour La Petite Grange, la Boulangerie Première Moisson. Nous vendons à l’année des camerises congelées, des produits maison comme de la confiture, mais il y a aussi l’autocueillette de la mi-juin à la mi-juillet qui fonctionne fort bien », conclut celle qui s’en est fort bien tirée grâce à sa débrouillardise et son esprit d’entrepreneuriat.

D’ailleurs, la jeune femme est nommée pour le secteur Montérégie ouest, dans le cadre de l’Évènement Coup de Cœur des Agricultrices du Québec, qui mets en lumière des agricultrices qui se sont démarquées dans la dernière année. Il est possible de l’encourager et de voter ici.