Une passion pour les avions d’époque transmise de père en fils 

Vanessa Picotte - Gravité Média -
Une passion pour les avions d’époque transmise de père en fils 
(Photo : Robert Côté - Le Courrier du Sud)

La passion de Richard Legault pour l’aviation ne date pas d’hier. Lorsqu’il était un jeune garçon, il entendait son père dans le sous-sol construire son premier avion. Il raconte qu’il s’endormait à travers le bruit des coups de marteau et de la machinerie.

Il développe ainsi dès son plus jeune âge une passion pour l’aviation. À 20 ans, l’homme de Brossard s’engage dans l’armée américaine et participe à la guerre du Vietnam aux côtés des conscrits américains. À son retour en 1971, son père entame la construction d’un second avion, un biplan anglais à une place.

«J’ai toujours dit que lorsque j’allais en construire un, ce serait un deux places», raconte Richard Legault.

«Vivre cette époque»

Comme son père, Richard Legault s’intéresse aux engins de l’époque de la Première Guerre mondiale. L’homme de Brossard a toutefois pu les piloter, comparativement à son père, qui «avait peur».

«Mon père n’a jamais piloté ses avions, se souvient-il. J’ai suivi mes cours de pilotage, j’étais plus jeune et fringant, et j’ai volé avec son avion.»

Alban Marcoux, Gilles Paradis et Richard Legault.

Le pilote raconte que dans les années 1960, il y a eu un engouement pour les avions de cette époque, notamment dû à la production de plusieurs films.

«J’ai également un grand oncle qui a été blessé lors de la Première Guerre mondiale, alors ce sont toutes ces petites choses qui ont fait que, comme mon père, je me suis intéressé à ces appareils», précise-t-il, ajoutant qu’il avait envie de «vivre l’époque».

«Un chef-d’œuvre»

Plusieurs années plus tard, Richard Legault entreprend donc la construction de la réplique d’un appareil de la Première Guerre mondiale, le Nieuport 12. Ce biplan deux places était utilisé par l’armée française.

Richard Legault et ses deux acolytes, Gilles Paradis et Alban Marcoux, n’ont pas lésiné sur les détails pour s’assurer de reproduire le mieux possible cet appareil peint aux couleurs de l’escadrille N 62 de l’armée française. Celle-ci avait adopté le coq rouge sang comme emblème, ce qui représentait l’esprit combatif et le courage des aviateurs de l’époque.

«Nous souhaitions le rendre le plus authentique possible, explique Richard Legault. Au fur et à mesure, nous comparions l’appareil aux photos d’époque. Nous avons également fabriqué certaines pièces pour s’assurer de respecter l’appareil.»

Rien n’a été laissé au hasard. Alors que l’avion était originalement fabriqué en bois, Richard Legault a construit le sien en tuyau d’aluminium pour «se conformer aux matériaux d’aujourd’hui». Il s’est toutefois assuré que ce détail ne dénature pas sa réplique de l’avion de chasse.

«C’est artisanal… c’est un petit chef-d’œuvre», lance-t-il fièrement.

Pilote, observateur et mécanicien

Il est possible d’apercevoir l’engin historique dans le ciel de la région lorsque Richard Legault se rend à un événement dédié à l’aviation. Le pilote a dû cumuler 25 heures dans les airs avant de faire monter à bord un de ses deux acolytes.

«Ce n’est pas un avion confortable», explique-t-il, ajoutant que l’appareil à une autonomie d’environ 2h30 à 75 mph/heure.

Richard Legault explique qu’à l’époque, cet avion «permettait de se rendre à 15 000 pieds dans les airs pour voir ce que l’ennemi avait fait, ainsi que prendre des photos et des notes».

Dans ce biplan, le pilote était installé à l’avant et l’observateur à l’arrière.

«L’observateur n’était jamais assis. Il avait un beau champ de vision pour prendre ses notes et photos, explique Richard Legault. S’il voyait l’ennemi, il avait sa mitrailleuse pour se défendre.»

Comme il est soucieux des détails, Richard Legault a également ajouté une mitrailleuse de bois à l’aile supérieure de son engin.

Lorsqu’ils se rendent dans des événements d’aviation, les trois hommes sont toujours vêtus de leur costume d’époque: de pilote, d’observateur et de mécanicien.

Les trois hommes entament présentement la construction d’un nouvel avion. Toutefois, s’ils ont pris quatre ans pour construire la réplique du Nieuport 12, Richard Legault assure que cette fois, la construction se fera plus lentement.

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