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VIDÉO - Un virus respiratoire a failli lui enlever son fils

samedi le 11 décembre 2021
Modifié à 0 h 00 min le 10 décembre 2021
Par Audrey Leduc-Brodeur

aleduc-brodeur@gravitemedia.com

Sonia Jobin et son fils Nathan ont reçu le soutien du policier Francis Caron pendant et après l’incident. (Photo: Le Reflet - Denis Germain)

Sonia Jobin a vu les lèvres bleues de son fils Nathan, puis le lait qui venait de lui sortir par le nez. Le poupon, alors à peine âgé de trois semaines, était victime d’un arrêt cardiaque. Un virus respiratoire, qui n’a pas de lien avec la COVID-19 et dont les cas ont explosé depuis la rentrée, est à l’origine de ce drame.

 

 

«Nathan, c’est mon petit guerrier!» La résidente de Sainte-Catherine sert fort son bébé de près de trois mois dans ses bras et le couvre de bisous. Le bambin lui sourit à son tour. Difficile de croire qu’un aussi petit corps a vécu un aussi grand traumatisme, fait remarquer sa maman.

La famille revenait d’une marche d’après-midi, en septembre, lorsque l’incident s’est produit. Mme Jobin avait remarqué que Nathan n’avait pas beaucoup bu. La veille, elle avait consulté un pédiatre pour des symptômes s’apparentant à ceux d’une grippe; le médecin avait confirmé le diagnostic.

«Je suis descendue faire une brassée de lavage et ma fille nous a alertés parce qu’elle disait que son frère vomissait son lait par le nez. En fait, ça coulait comme un robinet. Ç’a pris que quelques minutes et il s’est évanoui. Il s’était étouffé avec ses sécrétions», raconte-t-elle calmement.

«Je ne l’étais pas du tout à ce moment-là, d’ailleurs, enchaîne-t-elle, à propos de ses émotions vécues pendant la crise de son fils. Je ne me souviens pas de tout ce qui s’est passé, je pleurais tellement.»

Malgré la panique, les parents ont composé en catastrophe le 911. Ils ont eu à peine le temps de parler avec l’ambulancier au téléphone que, déjà, des policiers de la Régie intermunicipale de police Roussillon débarquaient à leur résidence de la rue Union.

«L’agent Francis Caron m’a tassée et a immédiatement pratiqué le bouche-à-bouche ainsi qu’un massage cardiaque parce que Nathan n’avait plus de pouls», relate-t-elle.

Le poupon s’est remis à respirer après de longues minutes d’enfer, au grand soulagement de ses parents.

«Le policier a dit ‘’bonjour mon petit bonhomme!’’ Il a été super gentil. Il a pris des nouvelles de Nathan par la suite et est revenu le voir», fait-elle savoir.

Prétextant qu’il n’a fait que son devoir, le policier n’a pas voulu témoigner au Journal. Il a toutefois accepté de se faire prendre en photo avec la maman et le bébé, à la demande de celle-ci.

«ll a sauvé la vie de mon fils», souffle la Sainte-Catherinoise.  

Pas de séquelles

À l’hôpital, le bébé a subi des tests de dépistage, dont un de la COVID-19. C’est celui au virus respiratoire syncytial (VRS) qui est revenu positif. Cette infection provoque une bronchiolite, soit l’inflammation des petites bronches.

Nathan a dû rester cinq jours au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine à Montréal, jusqu’à ce qu’il ait assez d’oxygène pour respirer normalement.

«Les médecins ont été super rassurants quant à la suite. La bonne nouvelle, c’est qu’il ne gardera pas de séquelles à long terme de ce virus», se réjouit Mme Jobin.

Si la maman le précise, c’est que Nathan n’est toujours pas au bout de ses peines. Avec sa grande sœur à la garderie et son grand frère à l’école, les virus s’infiltrent à répétition dans la maison et ne l’aident pas à se rétablir. À la fin novembre, au moment de l’entrevue, la respiration du petit était toujours saccadée.  

«Je dois lui faire entre 10 et 20 lavages des sinus par jour parce qu’il est très congestionné, rapporte sa mère. Il reçoit aussi des soins en ostéopathie, car son corps a subi un choc.»

Les parents se remettent également de celui qu’ils ont vécu. Craintive, la maman dort avec son fils.

«C’est la première fois que j’ai hâte que mon enfant grandisse rapidement», confie-t-elle.  

«Je guette ses moindres respirations. J’ai toujours peur que ça arrive de nouveau.» 

-Sonia Jobin

Explosion du VRS

Les cas d’infection au virus respiratoire syncytial (VRS) sont anormalement élevés cet automne, confirme Dr Olivier Drouin, pédiatre et chercheur au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine à Montréal. En temps normal, environ cinq cas sont traités par semaine à l’hôpital. En 2021, ce chiffre grimpe à huit ou neuf, évalue-t-il. À l’inverse, il a beaucoup diminué en 2020, allant jusqu’à un seul par semaine.

«Le VRS peut affecter tout le monde, mais il frappe particulièrement les tout-petits, les 6 mois et moins, explique l’expert. Il n’y a pas de traitement contre ce virus, puisque le système immunitaire devrait pouvoir reprendre le dessus. Parfois, le bébé a besoin d’oxygène supplémentaire ou aura de la difficulté à boire à cause de ses sécrétions, comme ce fut le cas pour Nathan.»

Puisque les symptômes ressemblent à ceux «d’un bon rhume sévère», il n’y a pas d’autres moyens de le détecter que par un test de dépistage. Les parents doivent ainsi rester attentifs à la respiration saccadée et à la difficulté de nourrir leur enfant, conseille Dr Drouin.

Ce dernier constate que les cas sont précoces cette année. La saison du VRS qui s’étend d’octobre à avril a plutôt débuté en septembre.

«Les enfants nés en 2020 et 2021 ont été isolés en raison de la COVID-19. Ces deux cohortes n’ont donc jamais été exposées au virus, ce qui augmente les cas cette année», explique-t-il.

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