Un peu de répit en santé demandent des travailleurs du CISSSMO

Par Yanick Michaud
Un peu de répit en santé demandent des travailleurs du CISSSMO
Simon Beaulieu, président de la section locale 3247 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP); Jonathan Tétreault, président par intérim du syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSSMO – Estrie – CSN; Patrice St-Onge, président de l’exécutif local de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS); Francine Savoie, présidente de la FIQ-Syndicat des professionnelles en soins de Montérégie-Ouest, lors de la manifestation des travailleurs de la santé jeudi matin. (Photo : Courtoisie SCFP)

De Valleyfield à Saint-Bruno, en passant par l’Hôpital Anna-Laberge à Châteauguay, des travailleuses et travailleurs du CISSS de la Montérégie-Ouest ont participé jeudi à une manifestation.

En premier lieu, ils réclament du répit et une normalisation de leurs conditions de travail. Pour ces membres des quatre grands syndicats du CISSSSMO, la crise de la COVID-19 sape dangereusement un édifice déjà gravement fragilisé par des années de compressions et de restructuration.

En ce sens, un convoi de voitures s’est déplacé sur l’autoroute 30 pour manifester contre les arrêtés ministériels jugés trop nombreux.

Selon les dirigeants des syndicats, depuis le mois de mars, les arrêtés ministériels et les gestionnaires ont, notamment, chamboulé les horaires et les assignations, allongé les heures de travail et les déplacements pour se rendre au travail. Ils ont aussi déplacé du personnel dans des résidences et des CHSLD privés complètement désorganisés, annulé des vacances et des congés, et plus encore. Ces difficultés se sont conjuguées à de grands défis comme la garde des enfants et l’application des mesures de protection sanitaire.

Un peu de répit pour les travailleurs

Ainsi, pour pouvoir tenir le coup d’ici à la prochaine vague de contamination, les travailleuses et travailleurs réclament du répit. « Les grandes chaleurs de cette semaine sont un exemple de la fragilité des milieux de travail et de soins. C’est une autre épreuve pour bon nombre de nos membres, à qui l’on demande depuis des années d’en donner plus que ce qui est humainement raisonnable. Il est temps que les gestionnaires collaborent pleinement avec nous pour trouver des solutions et alléger le fardeau. Nos membres n’en peuvent plus », explique Simon Beaulieu, président de la section locale 3247 du Syndicat canadien de la fonction publique.

« Nous tenons le réseau à bout de bras, et à quelle reconnaissance a-t-on droit ? À coups d’arrêtés ministériels, on a suspendu nos conventions collectives et menacé de nous refuser le droit à des vacances, en plus d’exclure les professionnels et les techniciens des primes accordées aux autres salariés du réseau. La COVID-19, elle, ne discrimine pas. Nous sommes tous à risque. Un traitement équitable, c’est vital pour sortir de la crise », revendique Patrice St-Onge, président de l’exécutif local de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

Des droits bafoués

« Alors que le Québec amorce son déconfinement et que les activités régulières reprennent graduellement dans le réseau de la santé, les professionnelles en soins, elles, sont toujours privées de leurs droits. Pourtant, faire preuve de respect à leur endroit est essentiel à la poursuite de la lutte contre la COVID-19, qui est loin d’être terminée. Ce n’est pas en bafouant leur droit aux congés et aux vacances, en modifiant leurs horaires sans avertissement et en les obligeant à travailler à temps complet qu’elles seront en mesure de soigner dans les semaines et les mois à venir. Les gestionnaires se doivent d’entendre et de soutenir les professionnelles en soins en cette période critique, il en va de leur santé mentale et physique », commente Francine Savoie, présidente de la FIQ-Syndicat des professionnelles en soins de Montérégie-Ouest.

 

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des