Chronique
Justice

Un ménage à faire à la Justice et à la Sécurité publique

samedi le 11 juin 2022
Modifié à 9 h 46 min le 09 juin 2022
Par Claude Poirier

redactiongm@gravitemedia.com

Je ne crois pas ce que soit exagéré de dire qu’un grand ménage doit se faire dans les ministères de la Justice et de la Sécurité publique. Ces derniers sont les parents pauvres du gouvernement Legault lorsqu’on les compare à ceux de la Santé et de l’Éducation. Avec tout ce qui a été révélé par les médias ces derniers jours, il est grand temps de leur redonner de la crédibilité.

D’abord, la Cour a levé la semaine dernière l’ordonnance qui empêchait de connaître les témoignages entendus par le juge André Perreault, de la Cour du Québec, dans le dossier de Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté. Rappelons que le juge avait ordonné un arrêt des procédures judiciaires contre ces deux ex-ministres en septembre 2020. Les témoignages qui ont été dévoilés récemment, dont celui du Bureau des enquêtes indépendantes, rapportent un système de fuites contrôlées par l’ex-directeur de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) Robert Lafrenière qui aurait fait dérailler les procès de Normandeau et Côté.

Le premier ministre François Legault sera probablement reporté au pouvoir à l’automne et il n’aura pas le choix de se pencher sur le travail effectué par l’UPAC dans les dernières années.

La CAQ aura beau dire, comme l’a fait la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault, que ce n’est pas ce parti qui a nommé Lafrenière à ce poste, mais plutôt le Parti libéral à l’époque, ils sont néanmoins au pouvoir depuis quatre ans et tout ce qu’on apprend sur l’UPAC est scandaleux.

J’ai couvert la Commission Poitras, chargée de faire la lumière sur les pratiques d’enquête criminelles de la Sûreté du Québec à la fin des années 90. Je pensais avoir tout entendu, mais c’est de la petite bière en comparaison à ce qui a été dit devant le juge Perreault.

J’aimerais que des gens répondent de leurs actes, mais peut-on vraiment y croire lorsqu’on observe ce qui se passe du côté du ministère de la Justice? Il est toujours impossible d’avoir l’heure juste à propos de la tenue du procès fantôme dont j’ai fait mention dans ma chronique en avril. Cessons de protéger des gens qui ont posé des gestes illégaux et levons le voile pour découvrir la vérité sur cette affaire!

Est-ce qu’une commission d’enquête permettrait d’en savoir davantage? Peut-être, mais c’est un long processus. Je suggère qu’on confie ce mandat à trois personnes seulement, dont un professeur de droit ou un membre du domaine policier qui a de la crédibilité, par exemple, afin qu’ils se penchent sur le procès fantôme et qu’ils émettent des recommandations.

Il faudra ce que soit fait, tant au niveau de la Sécurité publique que de la Justice, car tout ce qui a été révélé par les médias récemment n’aidera certainement pas à redonner confiance au public en ces institutions.

10-4!

(Propos recueillis par Gravité Média)