Publisac : rectifions les faits

Publisac : rectifions les faits
Le Publisac entièrement fait de résidus de plastique s’étendra à toute la province. (Photo : Gracieuseté)

Encore une fois, dans sa lettre publiée dans Le Devoir du 7 octobre, l’instigateur du mouvement Antipublisac déforme la réalité, prend des raccourcis trompeurs et induit le public en erreur.

M. Montpetit, tout comme environ 200 000 foyers québécois, affiche un pictogramme rouge indiquant qu’il ne souhaite pas recevoir le Publisac. C’est ainsi, en fonction de notre banque de données, que nous réduisons à la source en rajustant la quantité de circulaires à imprimer et de sacs à fabriquer. Bien que nous recevions peu de plaintes à ce titre, nous en faisons néanmoins un suivi rigoureux, encore plus serré depuis 2018. Comment peut-on prétendre que l’option de retrait choisie par 200 000 foyers, et facile à exercer, n’atteint pas l’objectif de réduction à la source ?

L’option d’adhésion (opt-in) n’est pas viable

Depuis plus de 40 ans, le Publisac est un service utile pour la communauté, et nous en sommes fiers. Contrairement à M. Montpetit, nous en connaissons les défis de gestion. Celui-ci dit qu’il ne veut pas la fin du Publisac. Mise à part l’ironie de cette affirmation de la part de celui qui dirige le mouvement Antipublisac, il prétend que le passage au opt-in n’aurait aucun impact opérationnel. Il suffirait, selon lui, de distribuer le Publisac aux portes affichant un pictogramme bleu plutôt que d’éviter de le distribuer aux rouges.

En réalité, il y a toute une machinerie derrière le respect du opt-out : modification des quantités pour plus de 4000 routes avec des contenus différents, employés au service à la clientèle, superviseurs, maintien et actualisation d’une banque de données, suivi des demandes, impression et envoi de pictogrammes par la poste, et j’en passe.

M. Montpetit demande que nous mettions toute cette logistique au service de 3 millions de foyers, soit 15 fois plus qu’actuellement. Un tel système ajouterait tellement de coûts et de complexité que ce serait la fin du Publisac. Le opt-in n’existe nulle part en Amérique du Nord ou en Europe, selon une étude de WSP commandée par la Ville de Montréal. Quoi qu’en pense M. Montpetit, TC Transcontinental mettrait fin au Publisac si un opt-in était imposé. En disant le contraire, il pose un geste irresponsable et induit la population en erreur.

La vaste majorité des citoyens, soit 87 % de ceux qui reçoivent le Publisac, le consultent (CROP 2018 et Segma Recherche 2019, commandé par la Ville de Montréal) pour faire des économies et lire leur hebdo. C’est une tradition hebdomadaire bien québécoise. Il serait absurde qu’une minorité impose sa croisade à la majorité. Pourquoi imposer à la majorité un changement, alors que le système actuel est utile, responsable et légitime, et qu’il permet facilement à tous ceux qui ne veulent pas le recevoir que leur droit soit respecté ?

Le Publisac ne détruit pas la planète

Les critiques environnementales portent sur la réduction à la source, le papier et le plastique. L’option de retrait répond efficacement au besoin de réduire à la source, et la disparition du Publisac n’aurait aucun impact sur la coupe d’arbres, puisque les arbres sont d’abord récoltés pour le bois d’oeuvre. Ce sont les résidus des scieries qui sont récupérés pour fabriquer le papier journal utilisé pour imprimer les circulaires du Publisac. Le taux de récupération des journaux et des encarts et circulaires en papier journal au Québec est de 86 %, et le papier ne se retrouve pas à l’enfouissement.

Quant au plastique, les sacs du Publisac ne représentent que 0,5 % de tous les contenants et emballages de plastique mis en marché par les entreprises au Québec. Le sac en plastique demeure en outre la meilleure solution pour protéger les circulaires des intempéries, pour leur manutention, et en éviter la dispersion afin de protéger la propreté de l’espace public.

Nous sommes en démarches avec le gouvernement, des municipalités, des centres de tri et d’autres entreprises afin de collaborer pour que le plastique soit recyclé dans une plus grande proportion. Notre nouveau sac fait à 100 % de plastique recyclé, toujours recyclable, en est déjà un exemple. Il nous permet de réduire à la source et de faire un pas important dans la réutilisation du plastique et l’établissement d’une économie circulaire du plastique au Québec.

En conclusion, nous réduisons à la source. Nous avons agi rapidement pour réduire notre empreinte environnementale et avons d’autres initiatives en cours. Nous respectons la volonté des citoyens. Nous dialoguons et innovons pour continuer de progresser, préférant la collaboration à la confrontation. N’a-t-on pas de batailles plus importantes à livrer au Québec que de vouloir faire disparaître le Publisac, un outil précieux pour faire des économies, les milliers d’emplois et la plupart des journaux régionaux indépendants qui en dépendent ?

François Olivier Président et chef de la direction, TC Transcontinental

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