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Plusieurs infirmières tentées par la retraite anticipée

lundi le 27 avril 2015
Modifié à 0 h 00 min le 27 avril 2015
Par Steve Sauvé

SANTÉ - Près de la moitié des professionnelles en soins de plus de 50 ans, membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), ont l’intention de prendre leur retraite d’ici trois ans. Une situation pire qu’en 1997 selon Régine Laurent, vice-présidente de la centrale syndicale.

Ce chiffre alarmant est le résultat d’une enquête menée auprès des membres de la FIQ âgées de 50 à 64 ans visant à déterminer la proportion des professionnelles en soins ayant l’intention de prendre leur retraite au cours des trois prochaines années. Ce sondage a été réalisé pour connaître les impacts chez les professionnelles en soins, des modifications au régime de retraite des employés de l’État proposées par le Conseil du trésor dans le cadre des négociations pour le renouvellement de leur convention collective.

Dans les centres de santé du Suroît, on compte 170 membres de la FIQ âgés de plus de 50 ans sur un total de 740. Il est donc permis de croire que 11 % d’eux sont tentés par la retraite.

«Nous avons reçu beaucoup d’appels. Nos membres sont inquiets. Présentement, si la personne n’a pas 35 ans d’ancienneté ou n’est pas âgée de 60 ans, elle a une pénalité sur son régime de retraite de 4 % par année manquante. Québec parle de hausser la pénalité à 7,2 % c’est inquiétant», explique Francine Savoie, présidente du Syndicat des professionnels en soins de santé du Suroît.

Ce n’est pas uniquement la pénalité qui inquiète les membres de la FIQ. L’âge de la retraite pourrait aussi être revu à la hausse, passant de 60 à 62 ans. «Les gens se questionnent sur leur capacité de pratiquer jusqu’à 62 ans. Même les plus jeunes se disent fatigués donc, augmenter l’âge de la retraite n’est rien pour retenir les membres en poste», fait savoir Mme Savoie.

Résultat de l’étude

Les professionnelles en soins interrogées ont clairement indiqué que leur intention de quitter était motivée par les mesures proposées par le gouvernement.

Ainsi, 61 % d’entre elles se sont dites influencées par la mesure faisant passer l’âge de la retraite de 60 à 62 ans, 71 % ont dit être influencées par la volonté du ministre Martin Coiteux d’augmenter la pénalité applicable pour une prise de retraite anticipée de 4 % à 7,2 % par année et 64 % des professionnelles en soins ont affirmé motiver leur intention de partir plus tôt à la retraite à cause de la mesure établissant le calcul de la prestation de retraite sur la moyenne des 8 meilleures années plutôt que sur les cinq meilleures années.

Toujours selon les données de l’étude, les deux tiers de celles qui ont exprimé vouloir quitter d’ici les trois prochaines années ont affirmé avoir déjà entrepris des démarches auprès de la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurances (CARRA).

Finalement, notons à titre comparatif qu’en 1997, ce sont 6000 infirmières et infirmières auxiliaires qui avaient pris leur retraite, occasionnant des torts au réseau de la santé dont on subit encore les effets, alors qu’il n’y avait même pas de pénurie.

«C’est une catastrophe que s’apprête à créer le président du Conseil du trésor. Nous demandons formellement au gouvernement de reculer et de retirer les modifications au régime de retraite qu’il souhaite nous imposer », écrit la présidente de la FIQ, Régine Laurent par voie de communiqué.

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