Opinion

Patrimoine blues

jeudi le 15 avril 2021
Modifié à 10 h 50 min le 20 avril 2021
Par Mario Pitre

J’écris souvent sur des sujets touchant l’histoire. J’estime que c’est en apprenant des faits de l’histoire qu’on peut mieux entrevoir l’avenir. Cette fois, c’est un fait d’actualité, l’incendie d’un ancien moulin à Beauharnois, qui m’inspire cette réflexion. Cet ancien moulin seigneurial construit en 1837 constituait un des derniers vestiges des événements entourant la révolte des patriotes, en novembre 1838, à Beauharnois et les localités environnantes. À ce sujet, le livre L’insurrection des patriotes à Beauharnois en 1838 – Une révolte oubliée, de l’auteur Marcel Labelle, raconte avec détails ces événements et les personnages qui y ont participé. Il est toutefois dommage ces événements n’aient pas été jugés suffisamment importants pour qu’on les commémore de façon permanente, à part un circuit patrimonial auquel M. Labelle a contribué. L’ancien moulin aurait pu devenir un lieu d’interprétation tout indiqué pour faire connaître ce pan de l’histoire méconnu. Mais les Québécois ne possèdent pas la fibre historique comme peuvent le démontrer nos voisins du sud, par exemple. Plusieurs raisons expliquent cette réalité. L’histoire nationale occupe peu de place à l’école. Les jeunes – en fait – une majorité d’adultes également – ne connaissent que très peu les personnages qui ont marqué l’histoire franco-canadienne. Je serais curieux de savoir quelle proportion de la population connait le colonel Charles-Michel de Salaberry et le pourquoi de sa renommée. Encore moins François-Xavier Prieur. D’autre part, l’histoire des patriotes est l’histoire d’une défaite. Seule la Maison des Patriotes, à Saint-Denis-sur-Richelieu, nous rappelle l’unique victoire des révolutionnaires québécois. Il est par ailleurs admis que l’État, particulièrement Patrimoine Canada, ne financera pas des événements rappelant une révolte contre le pouvoir anglais alors en place. Le Blockhaus de Coteau-du-Lac ne vaut-il pas l’ancien moulin de Beauharnois sur la toile historique ? La disparition de nos églises, au rythme où elle se produit ces jours-ci, sans compter d’autres bâtiments et structures vient s’ajouter au blues que vit le patrimoine québécois.

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