Où est l’aide d’urgence pour les personnes assistées sociales?

Par Mario Pitre
Où est l’aide d’urgence pour les personnes assistées sociales?
(Photo : depositphoto)

La COVID-19 a frappé fort. Les commerces ont fermé leurs portes, beaucoup d’entre nous ont perdu leur emploi. Pour éviter que la population ne se retrouve sans le sou, le gouvernement a sorti son carnet de chèques. Très bien!

Mais où est l’aide pour ceux et celles qui vivent déjà la misère à l’année longue? On aimerait bien l’oublier, mais vivre avec un chèque d’aide sociale, au Québec, c’est ne pas pouvoir se payer un logement convenable. C’est la débrouille continuelle, sans répit, pour réussir à faire son mois avec le 100 ou 200$ qu’il reste après avoir payé le loyer. C’est la faim, avec les maux de ventre et la tête qui tourne. C’est prendre des décisions humiliantes et piler sur son orgueil parce qu’il faut trouver de quoi nourrir ses enfants à la fin du mois. C’est ça notre filet social, au Québec, aujourd’hui.

Pour les personnes assistées sociales, la crise a frappé là où ça faisait déjà mal. Et silence radio à l’Assemblée nationale. Aucune aide pour ceux et celles qui n’avaient déjà pas assez pour vivre. Aucune aide pour ceux et celles qui doivent déjà choisir entre payer le chauffage, le téléphone ou une carte d’autobus. Aucune aide pour ceux et celles qui ont perdu tous leurs espaces de rencontres et qui vivent leur confinement seuls dans un 1½. C’est ça notre filet social, au Québec?

Le gouvernement québécois semble l’oublier : les personnes assistées sociales ont vu leurs dépenses augmenter et leurs ressources diminuer cette année. Comme tout le monde, elles ont dû s’acheter des masques et du désinfectant. Elles ont subi la crise du logement et l’augmentation du prix des aliments. En parallèle, les soupes populaires ont fermé, et plusieurs ont perdu les petits emplois qui leur permettaient de boucler leurs fins de mois. Aucune aide pour ces personnes-là. C’est ça notre filet social, au Québec?

Sept provinces et trois territoires canadiens ont mis en place des mesures pour que les personnes en situation de pauvreté puissent payer le loyer, l’épicerie et l’électricité. Au Québec, le gouvernement nous sert du réchauffé : des mesures prévues depuis plusieurs années, un peu de financement additionnel pour le communautaire. C’est ça notre filet social, au Québec?

C’est inacceptable. Alors que la nécessité de couvrir ses besoins de base a été reconnue pour beaucoup de personnes au travail, aux études ou à la retraite, les prestataires de l’aide sociale sont laissés dans la grande pauvreté. La misère n’est pas une nécessité économique; c’est un choix de société. Le Québec a les moyens de ne laisser personne sur le bord de la route.

Il nous faut une aide d’urgence pour soutenir les personnes assistées sociales dans la crise. Elles ont besoin d’un revenu leur permettant de couvrir l’augmentation de leurs dépenses et leurs pertes de revenus – comme tout le monde!

Après la crise, il faudra voir plus loin. Pour ne laisser personne dans la misère, nous avons besoin d’un réinvestissement massif dans les services sociaux. Nous devons assurer la gratuité des médicaments, des soins psychologiques, dentaires et des yeux. Il nous faut une aide sociale universelle et inconditionnelle permettant entre autres de se loger convenablement, d’avoir une alimentation équilibrée, de se déplacer et de préserver sa santé. Ça devrait être ça notre filet social, au Québec.

Lettre co-signée par plus de 35 organismes communautaires du Québec, dont l’Organisation Populaire des Droits Sociaux (OPDS) de Valleyfield

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Michel michaud
Michel michaud
4 mois

J’aimerais ça aider une petite famille qui sont vraiment dans besoin.

Dann
Dann
4 mois

Il va rien faire comme d’habitude… Son inaction parle plus fort que ses paroles mensongère. Même pointé du doigt il continue son sourire en coin. Parfait exemple du sociopathe manipulateur insensible à toute cause autre que son propre cheminement.