culture

L’humour qui fait du bien

mercredi le 12 mai 2021
Modifié à 14 h 20 min le 10 mai 2021
Par Mario Pitre

mpitre@gravitemedia.com

« Pour moi, faire ce show-là ce soir, ça m’a fait plus de bien à moi que ça en fait au monde dans la salle », a confié l’humoriste Martin Petit, quelques minutes après avoir terminé le premier des trois spectacles qu’il présentait le week-end dernier chez Valspec. Et pour avoir observé les réactions du public vendredi soir tout au long de cette défilade de blagues, on peut sans doute affirmer que tous en sont sortis gagnants, malgré les restrictions imposées. Valspec a repris les spectacles en salle depuis deux semaines, avec les diverses contraintes reliées à la COVID-19. Spectacle devancé à 19h, maximum de 250 spectateurs en distanciation, port du masque en permanence, sans services de vestiaire et de bar. Une reprise après un hiatus de près d’un an. « Il y a une petite période où ça a été rouvert à l’été dernier. Mais nous n’avons pas eu de programmation. Nous avions eu le temps seulement d’une programmation alternative, avec des spectacles à l’extérieur. Nous en avons eu une dizaine. Mais cette fois, c’est vrai », confiait récemment Claudéric Provost, directeur général et artistique de Valspec. [caption id="attachment_99305" align="alignnone" width="444"] Malgré une salle restreinte à 250 spectateurs, le public a pleinement savouré chaque instant du spectacle d’humour. (Photo Denis Germain)[/caption]

Pyromane remanié

Il va sans dire que, même dans une salle remplie au quart de sa capacité, Martin Petit et son public ont savouré chaque instant du spectacle Pyromane. Même si, dit-il, il ne voyait que des paires d’yeux dispersés dans l’ombre, le créateur de la série Les pêcheurs s’est réjoui de la réaction. « Je sentais que les gens étaient impliqués, volontaires. Au début (avant de reprendre sa série de spectacles), je pensais qu’avec 50% de gens dans la salle, ça rirait 50% moins, mais ce n’est pas le cas. On dirait qu’on a tellement été empêchés de faire des choses, alors quand on vit ce moment on le vit à plein, on est investi. » Pandémie oblige, Martin Petit n’a pas eu le choix de remanier une partie de Pyromane, qu’il n’avait présenté que 12 fois avant la mise sur pause pandémique. « Environ le tiers du spectacle a été changé, dit-il. Même ce soir, j’avais un 4-5 minutes de nouveau matériel, j’essaie de demeurer le plus actuel possible. » Et avec tout ce qui s’est passé au Québec ces derniers mois, les sujets ne manquent pas; tout est dans la façon de les présenter, convient l’humoriste. [gallery ids="99307,99308,99309,99310,99311"] « Certains sujets sont délicats, par exemple, les complotistes. Il s’agit de trouver la bonne façon d’en parler, sans froisser des gens, rester dans l’amusement et ne pas faire de jugement… trouver le bon ton pour que tous ses sentent inclus. Le choix des mots et le dosage sont très importants. » De toute évidence, Petit a trouvé les bons mots dans plusieurs des nombreux thèmes qu’il a abordés devant un public hilare. Les réseaux sociaux, les ultra-marathoniens, la prostitution, les milléniaux, tous des sujets qu’il aborde à sa manière, souvent dans une irrévérence qui nous fait oublier les restrictions que la pandémie nous impose.

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