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COVID-19

Les Soeurs Clarisses: confinées à la vie

mercredi le 15 avril 2020
Modifié à 13 h 39 min le 31 mai 2021
Par Eric Tremblay

Depuis un mois, le Québec vit sur pause. Une grande majorité de la population est forcée à rester à domicile. Les Soeurs Clarisse ont fait ce choix de vie monastique. Elles sont confinées à vie et pas malheureuses de la situation.

Les religieuses étaient en récréation au moment où le confinement a été décrété au Québec. Soeur Rollande s'est exclamée que son groupe était en confinement toute la vie. Elle est l'aînée des 17 soeurs Clarisses présentes à Valleyfield. Du haut de ses 96 ans, elle a fait son entrée dans la communauté il y a de cela 70 ans. «Il y a toujours une habitude à prendre quand on entre au monastère, considère-t-elle. Les choses se vivent très bien pour nous, vous savez. On a passablement de temps diversifié. Chacune d'entre nous s'adapte semble-t-il bien à cette vie. »

Parfois les soeurs sont appelées à sortir dans le cadre d'une formation. Soeurs Rollande juge qu'il y en a beaucoup. «Normalement, la vie de monastère en est une de solitude et de prière, dit-elle. On vit dans une communauté fraternelle et nous nous aimons beaucoup. » [caption id="attachment_80342" align="alignright" width="444"] Les Soeurs Clarisses se recueillent dans la prière plusieurs fois par jour.[/caption]

Dans leurs prières

La mère abbesse, Soeur Jocelyne, confirme que la prière est un bon moment pour apaiser sa solitude. «On prie à plusieurs reprises par jour, assure-t-elle. Dans un premier temps à 6 h 30 où on prie pour le monde entier puisque personne n'est épargné en ce moment. »

Si la chapelle est fermée au public, les moyens de communication permettent aux religieuses de garder contact avec les fidèles. «Les appels se sont multipliés, mentionne-t-elle. Les soeurs à la réception peuvent aussi appeler nos habitués pour ne pas qu'ils se sentent seuls ou isolés. Il y a aussi Internet qui nous permet de recevoir des demandes de prière ou de diffuser de la nourriture spirituelle pour remplis la solitude. »

Elle est d'avis que le bénévolat peut être une source de distraction pour les personnes qui trouvent le confinement ardu. Que ce soit d'appeler des gens qui vivent seuls ou d'offrir du temps à un organisme. «Il y en a qui du jour au lendemain n'ont plus de contact, se désole-t-elle. C'est important de les appeler et de les écouter. C'est traumatisant ce qui se passe. Nous au monastère, nous sommes tous ensemble pour vivre ce moment. »

Soeur Jocelyne a terminé en disant qu'elle trouvait merveilleux la façon dont les gens réagissent en se serrant les coudes. Elle trouve que les Québécois ont une propension à prendre soin des autres, ce qui nous aidera à se relever de la crise.  

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