Les personnes itinérantes de plus en plus isolées

Les personnes itinérantes de plus en plus isolées
Claude Théorêt, fondateur de l’organisme Pacte de rue. (Photo : Journal Saint-François Pierre Langevin)

Claude Théorêt, directeur et coordonnateur de Pacte de rue est inquiet. La situation de crise actuelle isole encore plus les gens en situation de vulnérabilité. Et l’après COVID-19 s’annonce tout aussi difficile. 

«On demeure un service essentiel et on prend les devants pour briser l’isolement, assure-t-il. La clientèle vulnérable, celle qui vit la situation d’itinérance dans la rue est souvent moins apte à recevoir l’information. C’est à nous de la sensibiliser et d’agir en prévention. »

Les informations qui sont venues jusqu’à lui font état d’une augmentation du nombre de surdose et de suicide. L’équipe de Pacte de rue travaille justement auprès d’une clientèle fragile à la recherche d’une lueur d’espoir. La précarité et l’isolement contribuent à augmenter l’angoisse.

«Notre travail se modifie, assure-t-il. Les services débordent, il faut être imaginatif. On a mis des lignes d’écoute de disponibles. Mais on est inquiet. Notre clientèle utilise les banques alimentaires ou les services d’hébergement. Des services de plus en plus sollicités. On compte beaucoup de cas de santé mentale aussi. »

Le gouvernement de François Legault a demandé aux policiers de «serrer la vis» aux gens qui n’observeraient pas les mesures de la Santé public. Claude Théorêt demande pour sa part une tolérance envers les «gens de la rue». «Ils n’ont plus accès aux endroits comme le Tim Horton ou le McDonald’s pour se réfugier, note-t-il. Par chance la température est clémente. Mais on fait un appel à la tolérance. »

À Montréal, l’ancien hôpital Royal Victoria a été converti en unité d’isolement pour les sans-abri. Mais on ne retrouve pas se genre de refuge en région. Et aucun moyen n’existe pour permettre à la clientèle du Suroît de se rendre dans la métropole. «On essaye d’interpeller les municipalités, parce que c’est un problème qui n’est pas réglé ici, assure Claude Théorêt. Il faut leur trouver un endroit en sécurité où on pourrait installer des lits de camp.»

Et il appréhende l’après COVID-19. Il voit poindre à l’horizon de nouveaux démunis. Une nouvelle clientèle qui aura besoin d’aide et de ressources.

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