Maya : un lapin jusqu’au tribunal

Par Yanick Michaud
Maya : un lapin jusqu’au tribunal
Manon Berniqué et Maya coulaient des jours heureux avant qu’une plainte émanant du voisinage ne vienne embrouiller la situation. (Photo : Photo Journal Saint-François - Pierre Langevin)

La Régie du logement a entendu la cause mettant aux prises l’Office municipal d’habitation à Manon Berniqué qui revendique le droit de garder sous son toit Maya, un lapin de sept ans et demi.

La dame a signé le bail pour résider sur le HLM du Chemin Larocque en 2010. C’est en décembre de cette même année qu’elle s’installe, non sans avoir, selon la version présentée à la régisseuse Anne-Marie-Forget, averti la technicienne en location de logement, qu’elle possédait un lapin. « Je me souviens qu’elle m’a dit qu’il n’y avait pas de problème », a dit Manon Berniqué sous serment, représentée par Maître Marie-Josée Gingras.

Le hic réside maintenant dans le fait que la responsable, Ghislaine Roy, réfute avoir donné son accord. « Je ne me souviens plus de tous les résidents que je rencontre », a témoigné la dame.

Des plaintes six ans et demi plus tard

Ainsi, Manon Berniqué a hébergé dans une cage pendant six ans et demi son lapin, avant que quiconque n’en fasse un cas et ultimement ne dépose une plainte, entraînant de longues procédures. « Au début j’avais Puffy et la dame m’a dit que s’il était en cage, il n’y avait pas de problème. Puis j’ai eu Maya, parce que mes lapins me permettent de mieux gérer mon anxiété et mes migraines », explique la locataire qui a obtenu un papier de son médecin omnipraticien, suggérant que l’animal pouvait être considéré comme un traitement non spécifique. « Un traitement non médicamenteux », tel qu’expliqué par le docteur Denis Belleville appelé à témoigner.

L’avocat de la locatrice, Maître Marc Poirier a toutefois plaidé que le médecin, qui connaît la dame depuis les années 80, n’était pas spécialiste en zoothérapie et que le billet avait été obtenu après qu’une plainte ait été déposée par l’OMH.

Les avocats se sont lancé la balle pendant près de deux heures et l’avocate de la défenderesse a sorti un animal de son chapeau en parlant de jurisprudence en matière de zoothérapie.

Rappelons toutefois que le lapin nain d’à peine cinq livres est maintenant âgé de près de sept ans et demi et que son espérance de vie varie de huit à neuf ans.

La décision de la juge administrative devrait être rendue d’ici trois mois.

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