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Le jeu vidéo comme moteur d’éducation

dimanche le 01 mai 2022
Modifié à 0 h 00 min le 27 avril 2022
Par Michel Hersir

mhersir@gravitemedia.com

Éric Laflamme estime que les objectifs du design de jeu vidéo se rapprochent de ceux d’être professeur, car il y a un défi de clarté et d’enseigner les notions à un bon rythme. (Photo : Le Courrier du Sud – Denis Germain)

Il y a un peu moins d’un an, le professeur de physique du cégep Édouard-Montpetit Éric Laflamme lançait son premier jeu vidéo éducatif, La remorqueuse de l’espace. Pour celui qui se dit issu de la génération Mario Bros, le jeu vidéo est un environnement idéal pour apprendre. Il a d’ailleurs récemment remporté un prix de la Guilde du jeu vidéo du Québec afin de préparer son prochain jeu. 

NIVEAU 1 : L’enseignement facilité par le jeu vidéo
Mission : Transmettre la connaissance de façon ludique

En tant que professeur de physique, Éric Laflamme sait que le sujet peut être un peu «aride». Mais en proposant un jeu de casse-tête comme La remorqueuse de l’espace, où l’on utilise les lois de la physique mécanique pour aider un personnage dont la voiture s’est écrasée sur la lune, il estime que les concepts deviennent plus clairs.

«On montre les équations en classe, on montre un peu à quoi ressemble le mouvement d’un véhicule, l’accélération, mais ce que je voulais, c’est qu’on ait plus un feeling de ce qui se passe. D’avoir une vision plus intuitive que juste des mathématiques», affirme le professeur.

Celui qui a lancé son propre studio, A little Smarter, voit un énorme potentiel éducatif dans le jeu vidéo. Son premier jeu a d’ailleurs été installé dans un des laboratoires du cégep.

«C’est un environnement immersif, dans lequel on peut faire des erreurs et se reprendre, un processus de répétition dans lequel on avance à force de s’essayer, comme le processus scientifique. Et c’est ça que je veux pousser avec mon studio», soutient-il. 

Ce dernier adhère d’ailleurs à des programmes volontaires de réduction de travail au cégep, pour lui permettre de faire avancer ce qu’il appelle ses projets passions, et «de contribuer à ma façon à démocratiser l’apprentissage».

NIVEAU 2 : Une Tesla dans l’espace
Mission : Trouver un concept attrayant
La lune comme décor était toute désignée pour un jeu sur la science, mentionne Éric Laflamme.

«Je me suis rendu compte en faisant mes recherches que sur la lune, il y a 1600 noms de cratères, qui sont tous liés à des scientifiques. Alors on peut pratiquement revoir l’histoire des sciences à travers ces noms de cratères et je trouvais ça intéressant d’un point de vue éducatif.» 

Pour chaque casse-tête réussi, le nom d’un de ces scientifiques est révélé avec une brève description de ses principaux travaux. 

«Ça m’allume d’essayer d’innover en éducation.»

-Éric Laflamme

«Le processus scientifique est aussi un processus itératif. On voit entre autres des théories un peu loufoques des Grecs, qui ne fonctionnent plus du tout maintenant, mais il a fallu que ces premiers scientifiques fassent leur contribution. C’est ce processus itératif de la science qui mène à une société technologique comme la nôtre.» 

Quant à la touche amusante du jeu, soit la voiture qui s’écrase sur la lune et qui a besoin d’une remorqueuse, M. Laflamme souligne s'être inspiré de la Tesla envoyée par Elon Musk dans l’espace en 2018.

NIVEAU 3 : Reconnaissance de l’industrie
Mission : Faire sa place dans le milieu

La carrière d’Éric Laflamme dans le jeu vidéo est encore jeune, mais déjà, le professeur s’est retrouvé finaliste pour plusieurs prix, au Québec comme à l’international. Il a en outre remporté le prix du Programme de soutien à l’innovation de la Guilde du jeu vidéo du Québec, pour lequel il est très reconnaissant.

«C’est tout un honneur qu’on reconnaisse mon intention d’innovation, affirme-t-il. Je me sens parfois comme un outsider dans le monde des jeux vidéo, alors de savoir que j’ai l’approbation de la Guilde pour mon prochain jeu, ça fait du bien et ça m’encourage à persévérer.»

Son prochain jeu aura pour thème l’électronique, toujours dans le but de lier le côté éducatif avec le côté plaisir.
«C’est le plus grand défi, révèle-t-il. De rendre le tout accessible, le fun, de ne pas avoir l’air trop académique.»