Le droit de grève des enseignantes est contesté

Par Yanick Michaud
Le droit de grève des enseignantes est contesté
Pour les enseignantes, cette situation démontre une fois de plus que la partie patronale est prête à tout pour empêcher les profs d’exercer des moyens de pression, plutôt que de se battre avec eux pour l’amélioration du système scolaire, en ce sens, ils se serviront de ce mépris, comme une source de mobilisation. (Photo : Archives)

Les syndicats des enseignantes sont furieux après les Centres de services scolaires. Ceux-ci tentent d’interdire la tenue de moyens de pression innovants le 14 avril.

« Ils se sont adressés à la Cour Supérieure. Pour faire tomber notre moyen de pression. Une demande d’injonction interlocutoire et permanente a été déposée. À l’évidence, notre stratégie, visant l’employeur sans nuire à la réussite des élèves, dérange. Selon les prétentions de la partie patronale, le dérangement administratif provoqué par les grèves de courte durée serait abusif », lance Véronique Lefebvre, présidente Syndicat de l’enseignement de la région de Vaudreuil.

La stratégie de la Fédération des Syndicats de l’Enseignement (FSE-CSQ) était de tenir une grève à partir de minuit, jusqu’à 9 h 30. « Ils sont odieux. Ils n’acceptent pas l’idée que nous faisions une grève de courte durée pour ne pas nuire aux enfants. Ils trouvent notre moyen abusif pour l’administration. Ainsi, ils porteront le blâme si nous en venons à faire de longues grèves », ajoute-t-elle.

Brimer le droit de faire la grève

« Pour nous, il s’agit clairement d’une tentative de brimer le droit fondamental des enseignantes et enseignants de faire la grève. Des avis de grève en bonne et due forme ont été transmis de façon légale à l’ensemble des CSS. Ainsi qu’au ministère du Travail. La partie patronale ne conteste d’ailleurs pas la légalité de cette forme de grève. Mais elle dénonce l’impact administratif important qu’elle entraîne », déplore Véronique Lefebvre.

Cette grève « innovante » a été mise de l’avant par la FSE-CSQ et l’APEQ en ayant comme objectif de faire pression sur l’employeur, tout en minimisant l’impact sur les services éducatifs aux élèves. « Nous sommes forcés de constater que les CSS auraient préféré que nous privions les élèves d’une journée de classe, plutôt que d’être forcés à réorganiser leurs services le temps d’une journée. »

Des ajustements

Parallèlement aux recours auprès de la Cour, les Centres de services scolaires prennent les moyens pour atténuer les effets de cette grève prévue. « Nous revoyons actuellement les modalités entourant les activités pédagogiques de cette journée. À cet effet, les équipes des services du CSSVT travaillent sur l’organisation de cette journée notamment la faisabilité d’offrir un transport sécuritaire aux élèves du primaire et du secondaire, les mesures de sécurité des élèves marcheurs de même que le maintien des mesures sanitaires dans nos établissements », expliquent les dirigeants du Centre de services scolaires de la Vallée-des-Tisserands.

Ils ajoutent qu’il est possible que les services de garde ne soient pas disponibles le matin du 14 avril.

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