Le dégriffage des chats perd du terrain

David Penven - Gravité Média -
Le dégriffage des chats perd du terrain
(Photo : Pixabay)

Les mœurs médicales changent, y compris pour les animaux. C’est le cas du dégriffage une intervention surtout pratiquée chez les chats et qui n’est pas nécessaire, selon l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ).

«Quand j’ai fait mes études en médecine vétérinaire, il y a 30 ans, le dégriffage faisait partie de la routine. Un chaton arrivait à la clinique, on le vaccinait et on proposait au propriétaire le dégriffage. On lui demandait: « Les deux pattes ou les quatre? » se souvient Dre Caroline Kilsdonk, présidente de l’OMVQ.
Elle rappelle que l’onyxectomie (nom scientifique) n’est pas une chirurgie «banale».
«Le dégriffage, c’est l’amputation de la dernière phalange des doigts de l’animal où la griffe est fixée. C’est comme si on vous enlevait une partie de vos doigts», illustre-t-elle.
Le chat qui a subi cette opération doit-il composer avec une douleur chronique? La principale intéressée est prudente.
«Il y a des possibilités que l’animal souffre à long terme. On n’a pas encore toutes les études concluantes à ce sujet», précise-t-elle.
Néanmoins elle pense que puisque l’intervention est non médicalement requise, on devrait y renoncer pour éviter les risques.
Ne pas l’interdire
Pourquoi l’OMVQ n’interdit pas l’onyxectomie?
«La profession de vétérinaire implique des devoirs déontologiques envers les humains et les animaux. Imposer la même conduite à la population et aux vétérinaires n’est pas indiqué à ce moment-ci. On pense que notre responsabilité est de faire évoluer les mentalités pour que cette pratique s’arrête», affirme la présidente de l’OMVQ.
Impossible de connaître le nombre de chats qui sont dégriffés. La médecine vétérinaire relevant de la pratique privée, il n’y a pas d’obligation de colliger des données à cet effet.
Constat similaire
Pour la fondatrice et propriétaire du refuge S.O.S Minou & Pitou à Candiac, Sylvie Jean, le dégriffage doit aussi être la dernière option.
«Quand on nous apporte un chat pour le dégriffer, on va poser des questions, à savoir si tout a été essayé. Est-ce que l’animal a été éduqué pour aller vers un griffoir?» explique-t-elle.
Cependant, elle indique qu’on va «trop loin» en voulant bannir l’ablation des griffes. Cette intervention représentant parfois la seule façon de sauver l’animal.
«Si j’ai un chat qui revient quatre ou cinq fois au refuge parce qu’il a un côté vicieux, méchant, c’est soit l’euthanasie ou le dégriffage. En le dégriffant, il est assuré de trouver une famille pour le reste de ses jours», déclare-t-elle.
Elle rappelle que les personnes qui adoptent des chats en bas âge à son refuge travaillent à les éduquer afin qu’ils ne fassent pas leurs griffes n’importe où.
«Il faut avoir la patience de le montrer aux chats», rappelle-t-elle.
Directeur de la SPCA Roussillon, Pierre Bourbonnais est également contre le dégriffage, au point où les familles d’accueil doivent s’engager, par contrat, à renoncer à cette option.
«Si l’on voit que la famille n’est pas prête à respecter cet aspect, on va refuser l’adoption. Le dégriffage est considéré comme de la cruauté envers les animaux», mentionne-t-il.
M. Bourbonnais déclare que l’onyxectomie a un impact sur le comportement du chat.
«Quand quelqu’un arrive à notre comptoir et nous dit qu’il ne veut plus de son chat parce qu’il mord ou qu’il a commencé à faire ses besoins hors de la litière, nous constatons que, dans la majorité des cas, le chat a été dégriffé», observe-t-il.

Pratique interdite dans une quarantaine de pays
Le dégriffage est banni en Europe et ailleurs dans le monde. La liste des pays qui interdisent cette pratique est significative. Allemagne, Angleterre, Australie, Autriche, Belgique, Bosnie, Brésil, Bulgarie, Chypre, Danemark, Écosse, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Irlande du Nord, Israël, Italie, Japon, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pays de Galles, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie et Yougoslavie.
États-Unis
Certaines villes américaines interdisent également cette pratique. La Ville de New York songe à emboîter le pas.
Canada
Au Canada, le dégriffage est banni en Nouvelle-Écosse, en Colombie-Britannique, à Terre-Neuve-et-Labrador ainsi qu’à l’Île-du-Prince-Édouard. Pour leur part, l’Alberta, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick emboîteront le pas prochainement.

(Sources: SPCA Montréal, Auberge pour chats Mont Minou, Sutton)

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The vets made a lot of money chopping off cats toes. It was all for $$$$$. Anyone with half a brain knows that was cruel to do to the poor cats