L’art dans la peau

Par Éric Tremblay

Matthew Léger-Bois a offert son dos à l’art. Marc St-Denis s’est amusé pendant 11 heures à lui tatouer un crâne, une œuvre saluée du second prix du Art and Tattoo Show présenté à Montréal du 11 au 13 septembre.

L’idée de se faire tatouer un crâne qui couvrirait la majorité du dos est venue lors d’un BBQ au courant de l’été. La convention approchait et les deux amis ont plongé dans l’aventure. «Pour moi le tatouage représente du plaisir, explique Matthew. J’aime dessiner et peinturer, je trouve ça super cool. Avec Marc, on passe du bon temps ensemble. »

Tatoueur professionnel depuis plus de 10 ans déjà, Marc St-Denis avoue une fascination pour les crânes. «C’est ce que j’adore tatouer. Pour moi ce n’est pas morbide, ça a plus un côté spirituel», explique l’artiste.

Le Art and Tattoo Show se veut une grande fête qui rassemble des tatoueurs de partout dans le monde. Bien que l’idée était de réaliser l’œuvre durant la convention, à la Place Bonaventure, l’objectif n’était pas de remporter les honneurs à tout prix.

Le tatouage a nécessité 11 heures de travail réparties en deux séances. Les visiteurs qui déambulaient étaient impressionnés pour deux raisons. D’abord l’ampleur du travail réalisé par Marc. Mais aussi, par la détermination affichée par Matthew.

«Au cours du week-end, j’avais toute ma confiance en Marc. Il est tellement sweet. Mais je dois dire que dans le bas du dos, c’était loin d’être plaisant», de souligner Matthew à propos de la douleur ressentie.

L’œuvre s’est méritée la deuxième place dans la catégorie Skull Project. Un artiste de San Diego, dont le travail est apprécié par Marc, a enlevé les premières et troisièmes places.

«Ça faisait un bout que je n’avais pas gagné parce que je mets moins l’emphase là-dessus. Réaliser un tatouage sur place, c’est difficile. Comme Montréal c’est sur invitation, je ne pensais pas gagner de prix», d’indiquer Marc.

Pogner la piqûre

Matthew a arrêté de compter ses tatouages. Cimentier de métier, il aime se faire beurrer comme il le dit. «J’avais 16 ans lors de mon premier tatouage. C’était un t’es pas game avec un ami. J’ai pogné la piqûre», avoue-t-il.

Le plaisir demeure son moteur. Et tant que le plaisir sera présent, il a l’intention d’ajouter des œuvres à son corps.

L’attitude affichée par Matthew se veut de plus en plus répandue dans la communauté. «J’ai vu des clients qui disaient qu’ils n’auraient qu’un tatouage. Avant de sortir, ils pensaient déjà su prochain», indique Marc.

Le tatoueur constate aussi que les gens ont des demandes de plus en plus diversifiées en terme de dessin, d’endroit sur le corps et de grosseur du tatouage. «Je fais de plus en plus de grosses pièces, que ce soit des manches, des dos ou des jambes complètent», dit-il. Quant au corps, il avoue avoir certaines réticences à tatouer le visage, le cou et les mains.

Pour ce qui est de la douleur, Matthew la compare à une brûlure subie lors d’une chute sur un plancher de gymnase. Marc s’assure donc de créer une complicité lorsqu’il travaille afin de limiter les désagréments possibles.

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