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La Ville suspend la certification de trois entrepreneurs pour utilisation de pesticides de synthèse

le mardi 24 mai 2022
Modifié à 13 h 54 min le 01 juin 2022
Par Eric Tremblay

etremblay@gravitemedia.com

Lee Anne Gagnon de l’Escouade verte de Salaberry-de-Valleyfield s’assure que la règlementation sur l’utilisation des produits autorisés à épandre sur la pelouse soit respectée. (Photo Journal Saint-François - E.T.)

Depuis 11 ans, les pesticides de synthèse, par exemple le Round-up, sont interdits à Salaberry-de-Valleyfield. Trois entrepreneurs ont cependant été reconnus coupables d’en avoir utilisés. Leur certification est donc révoquée et ils ne peuvent plus faire affaire sur le territoire pour une période d’un an.

Les entrepreneurs ont été pris en défaut à la suite de l’analyse d’un échantillon de produit récupéré sur leur buse. Ils n’étaient même pas en mesure de se défendre. Si bien qu’ils ne se sont même pas présentés en cour.

«Il y a un réel bris de confiance entre la Ville et l’industrie, convient Marie-Lou Lacasse, conseillère en environnement. On a pourtant accompagné les entrepreneurs. Ce n’est pas un cas ponctuel; à chaque année on a des infractions. »   

La Ville a mis en place un système d’analyse et une procédure pour mettre en application son règlement municipal. Le tout demeure complexe. Salaberry-de-Valleyfield a bien souvent perdu devant le juge de la cour municipale. Mais après plus d’une décennie, elle a décidé de serrer la vis. « On est devant un cas de santé publique, a lancé Magali Joube, conseillère en communication. Les entrepreneurs ont utilisé des pesticides à l’insu des citoyens. C’est quand même inquiétant. »

Les entrepreneurs fautifs sont désormais affichés sur le site Internet de la Ville. Au même titre que la quinzaine qui se conforment à la règlementation ou qui sont en cours d’analyse.

«L’homologation, la vente et l’étiquetage du produit est de responsabilité fédérale, observe Mme Lacasse. Le provincial gère l’application. La Ville, la pire sanction qu’elle peut appliquer c’est d’empêcher l’entrepreneur de venir travailler. » 

Salaberry-de-Valleyfield fait partie des pionnières au Québec pour sa politique sur l’utilisation des pesticides. Quelques municipalités tendent à adopter une même règlementation.

Pour les intervenantes, l’utilisation du terme «traitement», instaure une notion positive et met les citoyens en confiance. Pourtant, ce mot réfère à l’utilisation de pesticides et d’engrais avancent-elles. 

Pour cette raison, un guide composé de cinq questions à poser à son entrepreneur a été rédigé. On invite aussi les citoyens à contacter l’Escouade verte en cas de doute.

«Il faut arrêter de voir la pelouse comme un green de golf. En milieu urbain, on n’est plus là. » - Marie-Lou Lacasse

La biodiversité à protéger

La Ville a organisé une rencontre technique sur le sujet le mardi 24 mai chez M. Beauchamp. Son sol est couvert de sept variétés que ce soit la fraise, la petite violette ou le lierre terrestre. «Il faut changer nos standards de beauté, a reconnu le citoyen. Je ne fais aucun traitement. Le gazon est coupé à 3 pouces et quart; ça donne une chance aux petites fleurs. »

Une pratique à copier, poursuit la conseillère en environnement. «Une pelouse en monoculture est moins bonne pour l’environnement, explique-t-elle. C’est surprenant de voir que la biodiversité amène la biodiversité. Il faut faire confiance à la nature. »

Pour s’amuser à mieux connaître notre environnement, elle invite à télécharger l’application Seek by iNaturalis. Cette technologie permet d’obtenir des informations utiles sur la flore, et les insectes, à l’aide d’une photo.

Pas de stress avec les verts blancs

La présence de verts blancs ne devraient pas déstabiliser personne. Il y en a toujours eu. «Si on ne voit pas de problème sur la pelouse, il n’y en a pas de problème, assure Marie-Lou Lacasse. On n’a jamais noté d’infestation de verts blancs en 10 ans à Salaberry-de-Valleyfield. Ça ne devrait pas nous stresser la nuit. » 

La biodiversité est une pratique à mettre de l'avant pour la santé du sol. (Photo Journal Saint-François - E.T.)

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