Opinion

La pandémie a permis de déstigmatiser la maladie mentale

lundi le 04 octobre 2021
Modifié à 0 h 00 min le 03 octobre 2021
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(Photo : Holger Langmaier - Pixabay)

La Semaine de sensibilisation aux maladies mentales se tient cette année du 3 au 9 octobre.

Selon une récente étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), «15% de la population québécoise rapporte vivre une détresse psychologique importante depuis le début de la crise. C’est sept fois plus qu’en temps normal».

La pandémie a fait augmenter le nombre de personnes souffrant de divers problèmes comme le stress, l’angoisse, l’anxiété ou la déprime. On peut définir le stress comme une réponse physiologique normale à une situation anormale, il fait partie intégrante de notre existence. Il permet à notre organisme de s’adapter aux multiples événements positifs ou négatifs que nous vivons.

Lorsque le niveau de stress est si élevé qu’il devient généralisé et, par la suite, se transforme en trouble sévère, souvent la personne a besoin d’une psychothérapie pour atténuer ses symptômes. La médication contribue aussi à les diminuer et pourra être ajustée avec le temps.

Parfois la personne vit un niveau si extrême d’anxiété et d’angoisse qu’elle s’isole et ne veut plus sortir de son logement. Ou encore, elle pense qu’un événement dangereux ou malheureux peut survenir et elle l’anticipe.

La déprime peut se manifester de différentes façons et son intensité varie d’une personne à l’autre. Elle se manifeste physiquement par la difficulté à dormir tandis qu’au niveau psychologique, elle se fait ressentir par l’inquiétude et l’insécurité.

Enfin, au plan comportemental, on la reconnaît entre autres par l’isolement, l’irritabilité, l’agressivité, la tristesse, le repli sur soi et, parfois, l’augmentation de la consommation d’alcool ou de drogues. 

Il faut en parler

Il est important d’aller chercher de l’aide en cas de besoin et il ne faut pas hésiter à se confier à un ami, à un membre de sa famille ou un professionnel de la santé. On doit en parler ouvertement auprès de ceux en qui on a confiance.

Il existe différentes ressources pour les personnes ayant de la difficulté à gérer leur stress, leur anxiété et leur déprime. Plusieurs outils peuvent aussi aider à mieux gérer nos émotions négatives.

Si on ne réagit pas, le stress augmentera de façon dramatique et il occasionnera des problèmes de santé physique en plus de détériorer davantage notre santé mentale. 

Depuis deux ans, notre organisme, le Centre de soutien en santé mentale – Montérégie, connaît une hausse des demandes d’aide. Au cours de l’année, nous avons répondu à 35% de plus de personnes en détresse qu’avant la pandémie.

Un des points positifs de cette hausse enregistrée, c’est que les personnes attendent moins longtemps avant de consulter. On peut donc leur offrir notre soutien plus rapidement de différentes façons (ligne d’écoute téléphonique, groupes d’entraide, consultation individuelle, etc.). 

Les points positifs de la pandémie

Jamais on n’aura autant parlé de l’importance de la santé mentale depuis la crise générée par la COVID-19. Plusieurs personnalités ont décidé de lever le voile sur leurs troubles anxieux et leur détresse. Les réseaux sociaux ont été une plateforme profitable pour faire avancer la cause, contribuant à déstigmatiser la maladie mentale et à mieux la comprendre, même s’il reste encore bien des préjugés à abattre.

De leur côté, les OSBL en santé mentale ont pu bénéficier d’un début de reconnaissance de la part du Gouvernement et de la population en général pour le défi qu’ils ont dû relever et qu’ils continuent de relever en temps de crise.

Lucie Couillard
Directrice du Centre de soutien en santé mentale – Montérégie
Autrice de Schizophrénie – Au secours des familles – Guide pratique du proche aidant

 

 

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