La négociation de la dernière chance pour les responsables en services éducatifs en milieu familial

Par Katherine Harvey-Pinard
La négociation de la dernière chance pour les responsables en services éducatifs en milieu familial
Les responsables de service de garde en milieu familial réclament un taux horaire de 16,75$ au gouvernement. (Photo : Gravité Média - Katherine Harvey-Pinard)

Quelques centaines de responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) de la Montérégie se sont rassemblés à la Place Charles-Lemoyne à Longueuil, ce matin. Un moyen de pression ultime afin de forcer le ministre de la Famille Mathieu Lacombe à répondre à leur principale demande : un salaire «décent».

La grève tournante a touché l’ensemble des régions du Québec dans la semaine du 14 au 18 septembre. Si aucune entente n’est conclue en fin de semaine, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) déclenchera une grève générale illimitée dès lundi.

Présentement, les RSE du Québec touchent un taux horaire de 12,42$. Elles réclament 16,75$ au gouvernement, soit l’équivalent du premier échelon salarial d’une éducatrice non-formée dans un Centre de la petite enfance (CPE).

«Pour le même travail, même programme éducatif, lois et règlements, c’est le minimum. Ce n’est pas cher payé. On n’a pas sorti notre chiffre d’un chapeau. C’est tout à fait raisonnable comme demande, mais c’est le ministre qui n’est pas raisonnable», lance la présidente de la FIPEQ-CSQ, Valérie Grenon.

«De nous offrir 12,83$ de l’heure quand le salaire minimum est à 13,10$, c’est indécent», renchérit la présidente de l’Alliance des intervenantes en milieu familial (ADIM) en Montérégie, France Lavallée.

Les négociations durent depuis mars 2019. Les RSE déplorent également que la Coalition avenir Québec (CAQ) n’ait pas respecté ses promesses, notamment celle de débloquer quelques milliers de places subventionnées en services de garde.

«Et là, elle détruit le réseau, soutient France Lavallée. On est en perte de vitesse. Il y a moins de places que quand elle est arrivée au pouvoir.»

La survie du réseau

De l’aveu de la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Éthier, la survie du réseau de la petite enfance dépend de ces négociations. En effet, plusieurs éducatrices menacent de fermer leur milieu «parce qu’elles ne se sentent pas valorisées», dit Mme Éthier. Ce, dans toutes les régions.

«On est en train de reculer 15 ans en arrière pour les femmes et pour notre société, poursuit-elle. Il y a des enjeux majeurs dans cette négociation. Le ministre ne peut pas rester là à rien faire. Il faut qu’il voit la présidente du Conseil du Trésor, Sonia Lebel, et qu’il dégage des marges de manœuvre pour que notre réseau soit solide, à la hauteur des besoins de notre société.»

Le syndicat se dit prêt à négocier toute la fin de semaine.

«Mathieu Lacombe ne s’est pas attaqué aux bonnes personnes, parce qu’il y a 10 000 responsables en milieu familial, partout au Québec, qui se tiennent debout», lance Valérie Grenon.

Super pouvoir

La majorité des femmes présentes ce matin à la Place Charles-Lemoyne arboraient une cape sur laquelle était écrit «Je suis RSE. Quel est ton super pouvoir?».

«On veut une reconnaissance de notre travail, de ce qu’on fait au quotidien», dit Isabelle Boudreault, RSE depuis 20 ans.

«Je suis RSE depuis 8 ans, mentionne une autre femme prénommée Radia. Avant ça, j’étais en CPE et j’étais beaucoup mieux payée alors que je fais maintenant beaucoup plus de tâches et d’heures de travail. Je trouve que c’est injuste.»

«Le salaire n’augmente pas. On sent qu’on se fait encore traiter comme des petites gardiennes quand ce n’est pas ça qu’on offre comme service», ajoute une autre.

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