La CETAM lance son projet pilote de paramédics en soins avancés

Par Katherine Harvey-Pinard
La CETAM lance son projet pilote de paramédics en soins avancés
Marc-André Gagnon, chef de division, et Jérémy Ménard, chef de division et adjoint au directeur général à la CETAM. (Photo : Le Journal Saint-François - Denis Germain)

Depuis le 17 mars, les Longueuillois dans un état critique peuvent profiter des services de paramédics en soins avancés (PSA). Ces «super paramédics» sont en mesure de pratiquer des interventions d’urgence avant l’arrivée du patient à l’hôpital, permettant de gagner ainsi de précieuses secondes dans cette course à la vie.

En d’autres mots, c’est un peu comme si une partie de la salle d’urgence se transportait sur les lieux de l’intervention. Les PSA peuvent administrer des médicaments ou substances par voie intraveineuse ou intra-osseuse, interpréter un électrocardiogramme, pratiquer la défibrillation manuelle ou encore appliquer une stimulation cardiaque externe ou une cardioversion.

«Si quelqu’un a des palpitations et son cœur est désorganisé, avant, il fallait attendre qu’il soit en arrêt cardiaque pour lui donner un choc, mais là, on peut le faire pendant qu’il est vivant. On n’attend pas qu’il soit en situation critique. Dans ces situations-là, on vient augmenter le taux de survie sans séquelles, ou du moins, diminuer les séquelles», exemplifie Marc-André Gagnon, PSA et chef de division pour la Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM).

Celui-ci détient une majeure en soins préhospitaliers d’urgence avancés, qui est offerte uniquement par la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Autre exemple : une personne s’étouffe et cesse de respirer.

«Le PSA peut aller voir directement dans le fond de la gorge et, avec des pinces, aller chercher le morceau ou le pousser plus loin pour déboucher les poumons», exemplifie-t-il.

En intervenant rapidement, le paramédic peut éviter au patient de passer plusieurs jours à l’hôpital, ce qui est non négligeable pour le système de santé.

Deuxième au Québec

Depuis 2001, seule la Corporation d’Urgences-santé était autorisée à déployer des PSA sur le terrain, à Montréal et à Laval. Convaincue des bénéfices d’un tel service pour la population qu’elle dessert, la CETAM a obtenu les autorisations du ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Centre pour enclencher ce projet sur lequel elle travaille depuis 8 mois.

La première phase, d’une durée de 3 mois, est financée à même ses budgets d’opération. La décision de la lancer d’abord dans le grand Longueuil est attribuée au volume d’appels dans le secteur, justifie le chef de division et adjoint au directeur général de la CETAM, Jérémy Ménard.

Pour l’instant, la Coopérative compte sur deux PSA à temps plein et un à temps partiel, qui sont en service 44 heures par semaine, du jeudi au dimanche.

Selon les données de la CETAM, les PSA seront déployés en moyenne sur 6 à 8 interventions par quart de travail de 12 heures.

«C’est beaucoup. Là-dessus, est-ce qu’ils vont donner des soins avancés à 100% des patients? Non, c’est clair. Le but du projet, c’est de mesurer ça», explique-t-il.

Engouement

La mise en place de ce projet pilote a suscité un engouement chez les paramédics de la CETAM. Trois d’entre eux sont présentement aux études pour être PSA, ce qui augmentera le nombre de PSA à 6 cet été, excluant le chef de division Marc-André Gagnon. De plus, une quinzaine de travailleurs ont fait une demande d’admission à l’Université.

Mais attention, ne peut être PSA qui le veut.

«Tu peux avoir les connaissances et les capacités intellectuelles pour faire ce travail, mais il vient avec une charge émotive et psychologique parce que tu es tout le temps dans des situations critiques où le temps joue contre toi. Tu deviens le leader d’une intervention. Tout le monde qui est sur la scène est sous ta responsabilité», mentionne Marc-André Gagnon.

«Ceux qui sont en soins primaires sont très heureux de travailler avec des PSA sur leurs interventions», renchérit Jérémy Ménard.

L’objectif ultime de la CETAM est d’étendre éventuellement le service de PSA partout sur le territoire qu’elle couvre.

«Vous n’allez pas bien à la maison et en arrivant à l’hôpital, vous riez avec nous parce qu’on vous a stabilisé. C’est le plus beau cadeau que tu peux faire à un paramédic.»

– Marc-André Gagnon

Sentiment d’utilité

Marie-Josée Plante et Claude Bordeleau sont deux des trois paramédics en soins avancés (PSA) de la CETAM. Ils circulent dans un véhicule identifié Soins avancés, qui contient une panoplie de médicaments et d’autres outils qui ne se trouvent pas dans les ambulances traditionnelles.

Claude Bordealeau et Marie-Josée Plante, deux des trois paramédics en soins avancés de la CETAM. (Photo: Le Courrier du Sud – Katherine Harvey-Pinard)

Alors que ce titre leur ajoute des responsabilités, tous deux s’entendent pour dire qu’il ne leur crée pas plus de stress. Ils ont au contraire l’impression de faire une plus grande différence.

«Dans l’ambulance, on ne peut pas traiter une bradycardie, par exemple. Si le patient est très instable et que ça va très mal, je trouve que ça amène plus de stress de ne pouvoir rien faire», soulève Mme Plante.

«Notre travail est en complémentarité avec celui des paramédics qui se présentent tous les jours sur des urgences, renchérit son collègue. Le travail paramédical existe depuis longtemps et, nous, on vient juste ajouter des soins.»

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