Hausse de 20% des signalements à la DPJ en Montérégie

Par Ali Dostie
Hausse de 20% des signalements à la DPJ en Montérégie
(Photo : Journal Saint-François - Archives)

Le nombre de signalements reçus à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Montérégie a bondi de 20,4% en 2019-2020; une hausse deux fois plus élevée que celle du dernier bilan. Le «lot d’inquiétudes» suscitées par la tragédie de la fillette de Granby, survenue en avril 2019, explique cette recrudescence.

D’avril 2019 à mars 2020, 18 033 signalements ont été traités par la DPJ de la Montérégie.

Malgré la courbe croissante de 20%, le nombre de signalements retenus (33%) demeure similaire à l’année précédente, a relevé la directrice Josée Morneau, lors de la présentation du bilan 2019-2020, le 23 septembre.

Concrètement, ce bilan se traduit par 49 situations d’enfants signalées par jour, soit 8 situations de plus que l’an dernier, au quotidien.

La directrice de la DPJ de la Montérégie Josée Morneau

Si cette hausse est plus forte que dans l’ensemble du Québec (+12%), le bilan de la Montérégie est toutefois plus bas au chapitre du nombre de signalement par 1000 enfants, soit 64, comparativement à 75 à l’échelle de la province.

La négligence, les abus physiques et les mauvais traitements psychologiques sont les problèmes les plus signalés, dans une proportion respective de 29,8%, 21,2% et 18,7%.

La hausse du nombre de signalements confirme le défi d’augmenter la capacité d’évaluation de tous ces cas, indique la DPJ. L’objectif est d’établir un premier contact à l’intérieur de 30 jours. Mme Morneau se réjouit de la diminution du nombre de dossiers en attente.

«On a une belle liste d’attente: 120 dossiers, c’est du jamais-vu. C’est une progression majeure pour la Montérégie. C’est le résultat de plusieurs actions mises en place, dont une association avec les services de première ligne en jeunesse. On intervient de plus en plus ensemble.»

Sensibiliser davantage l’entourage

La plus grande part des signalements proviennent des organismes (32%), des milieux de garde et scolaire (23%) ainsi que du milieu policier (19%).

Mme Morneau s’inquiète de la faible proportion des signalements qui proviennent de l’entourage de l’enfant; 16% sont fait par le milieu familial, et 9% par la communauté. «C’est très peu», constate-t-elle.

La DPJ de la Montérégie espère sensibiliser davantage la population à l’importance de demeurer vigilant et de «développer le réflexe de protéger, sans avoir la crainte de signaler».

«Agir ensemble, ce sont tous ceux qui sont autour des enfants et qui veillent sur eux… père, mère, voisinage, famille, organismes, profs…Ce sont mille et une personne.»

«Il n’y a pas de petit geste. Tout geste pour développement de l’enfant est important. C’est de prendre chacun nos responsabilités.»

-Josée Morneau, directrice de la DPJ de la Montérégie

L’effet du confinement

Ce message résonne tout particulièrement, alors que les écoles et garderies sont demeurées fermées pendant des mois en raison de la pandémie.

La DPJ confirme effectivement une baisse du nombre de signalements de l’ordre de 13% entre avril et juin 2020, comparativement à la même période l’an dernier. Une situation qui s’est légèrement résorbée depuis.

«On a poursuivi notre travail avec nos partenaires des garderies et du milieu scolaire qui, eux, maintenaient un lien virtuel avec les enfants. Les garderies et écoles sont nos yeux, nos oreilles. Leur fermeture a amené un défi, mais on s’est ajusté.»

Le DPJ s’est aussi assurée de créer un «pont» entre les milieux scolaire et de garde ainsi que les services de première ligne, pour une intervention auprès des familles dans le besoin, même si ce n’est pas de nature à un signalement.

Commission Laurent: agir avant les recommandations

La DPJ de la Montérégie suit évidemment de près les travaux de la Commission spéciale sur le droit de l’enfant et la protection de la jeunesse et attend «avec impatience» les recommandations, mais a déjà commencé à agir pour «avoir des zones d’amélioration».

Pour soutenir les familles vulnérables, Mme Morneau nomme entre autres un travail avec des partenaires, dont un qui agit dans une école d’un milieu défavorisé, pour effecteur plus de prévention.

Le passage vers la vie adulte des adolescents passés par les centres jeunesse a aussi été identifié comme un enjeu à la Commission. La DPJ déploie des efforts pour créer des liens entre les services disponibles et le jeune.

Des postes d’intervenants supplémentaires ont été créées pour le Programme qualification jeunesse, auquel participe la Montérégie.

 

Nombre de signalements traités et retenus par RLS

RLS Jardins-Roussillon :

2835 traités (+336 comparativement à 2018-2019),

897 retenus

 

RLS du Suroît :

1234 traités (+128 comparativement à 2018-2019),

391 retenus

 

RLS Vaudreuil-Soulanges :

1392 traités (+278 comparativement à 2018-2019),

474 retenus

 

Répartition des signalements retenus selon l’âge

En Montérégie

-0-5 ans : 29%

-6-12 ans : 45%

-13-15 ans : 17,5%

-16-17 ans : 7%

-Inconnu : 0,6%

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