Elle apprend qu’elle est enceinte quelques heures avant d’accoucher

Par Vicky Girard
Elle apprend qu’elle est enceinte quelques heures avant d’accoucher
La nouvelle petite famille habite présentement chez un proche et compte déménager ensemble sous peu. (Photo : Gravité Média - Denis Germain)

William a fait son entrée complètement par surprise dans la vie de ses parents Claudie-Ahn Caron et Tommy Grenier. La mère s’est présentée à l’urgence pour un mal de ventre sans savoir qu’elle était enceinte. Quelques heures plus tard, elle accouchait d’un bébé de 38 semaines pesant 6,6 lb.

Le 8 décembre, en soirée, la Constantine avait des douleurs au ventre qui l’inquiétait plus ou moins. Elle avait ses règles et croyait avoir des crampes menstruelles.

«Je voyais que ça ne partait pas et que ça empirait. Vers 23h, je n’étais plus capable, alors mon copain est venu me porter à l’urgence», se souvient-elle.

Lorsque Mme Caron a vu un médecin, elle a reçu la nouvelle inattendue.

«On m’a dit que j’étais enceinte et que j’allais avoir mon enfant dans quelques heures. J’étais déjà dilatée à 6 cm», raconte-t-elle d’une voix sereine au bout de fil, alors que son garçon pousse de petits pleurs de temps à autre.

La jeune femme prenait la pilule contraceptive à ce moment.

Angoisse

Les parents de 24 ans, ensemble depuis moins d’un an, n’avaient jamais parlé d’avoir des enfants. Mme Caron admet qu’elle-même avait des craintes. Elle blague sur le fait que la grossesse a été «super belle, en fin de compte».

Les questions se sont rapidement bousculées: «Qu’est-ce qu’on va faire? Est-ce qu’on le garde? Est-ce qu’on est prêts à s’embarquer là-dedans?» s’est demandé le couple.

L’angoisse ressentie concernait la santé du petit William. Les médecins évaluaient qu’il était à 30 semaines, mais était finalement à terme et en parfaite santé, à 38 semaines, ont constaté les médecins à sa naissance.

«Ce qu’ils m’ont dit, c’est qu’il était plus placé vers le dos», s’étonne encore Mme Caron à ce jour.

Son conjoint est arrivé à l’hôpital pour la naissance de son fils avec l’idée du prénom William, que la maman a tout de suite adoré.

L’accouchement s’est bien passé, précise Mme Caron. Le travail a commencé vers 8h30, le 9 décembre, et vers 10h30, le petit était né.

«Ce n’était pas des crampes normales que j’avais. C’était des contractions.»

-Claudie-Ahn Caron

Phénomène rare

Dre Catherine Taillefer, cheffe d’obstétrique au Centre hospitalier universitaire mère-enfant de Sainte-Justine, affirme qu’il s’agit d’un phénomène rare.

 

 

«Je pratique depuis 2010 et j’ai commencé ma formation en 2003. Je n’ai vu cela qu’une ou deux fois, dit-elle. C’est très peu documenté. Cela dit, certaines femmes présentent très peu de symptômes de grossesse. Elles sont probablement très fertiles et leur contraception ou d’autres précautions n’ont pas fonctionné.»

Elle admet être intriguée par le fait que ces femmes ne sentent pas le bébé bouger.

«Mais quand tu ne le réalises pas, tu penses que c’est tes intestins, que tu as pris un peu de poids ou que tu as des ballonnements», reconnaît-elle ajoutant que les cas dont elle a été témoin étaient survenus chez des femmes en surplus de poids qui ne remarquaient pas le gonflement de leur ventre.

Dre Taillefer explique que, quand on parle d’un bébé qui se développe «plus vers le dos», c’est que le placenta est positionné vers l’avant.

«Il s’agit d’une structure de quelques centimètres qui fait qu’on sent moins le bébé bouger. Ça crée des grossesses où le bébé est complètement enfoui dans le ventre, si je peux dire», précise-t-elle.

Selon son expérience, «tout est possible dans ces cas, il faut se préparer à un bébé prématuré». Ceux qu’elle a observés impliquaient toutefois des bébés à terme.

Le déni de grossesses peut être une explication, dit Dre Taillefer, admettant ne pas être experte en la matière.

«Je pense qu’il faut évaluer psychologiquement ces mères, mais qu’on ne doit pas les condamner en termes de compétences parentales», conclut-elle.

«On n’avait rien pour un bébé» 

Les proches des nouveaux parents se sont précipités pour l’arrivée de William.

«Ma sœur était là quand j’ai accouché. Elle et mon copain ont tout organisé en contactant nos familles. Tout le monde voulait faire quelque chose pour le bébé. Les deux sœurs de mon copain ont installé une chambre avant notre arrivée», souligne Mme Caron.

Sans préciser l’emploi qu’elle occupe, elle a dû annoncer à son nouvel employeur son congé de maternité imprévu. Celui-ci a été très compréhensif, partage-t-elle. Des vêtements pour son fils lui ont même été offerts par ses collègues.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
1 Commentaire
plus ancien
plus récent plus voté
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Anonyme
Anonyme
1 mois

Comment peut on ne pas savoir être enceinte ?
Je n’ai jamais compris. Un bébé ça bouge, on prends du poids….
Comment est-ce possible ?