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Des arbres abattus à Saint-Anicet pour sauver une plante menacée

le mardi 14 février 2023
Modifié à 8 h 54 min le 14 février 2023
Par Mario Pitre

mpitre@gravitemedia.com

L’aristide à rameaux basilaires n’évolue qu’à l’intérieur d’une zone de 15 kilomètres carrés, dans le sud-ouest du Haut-Saint-Laurent. (Photo Conservation de la nature Canada)

Une plantation de 1,3 hectare de pins rouges située à Saint-Anicet a été abattue afin de permettre la restauration de l’un des derniers habitats de l’aristide à rameaux basilaires au Québec. 

Cette mesure a été préconisée par l’organisme Conservation de la nature Canada sur l’une de ses propriétés protégées située dans le secteur Cazaville, à Saint-Anicet, fait savoir l’organisme dans un communiqué.

Une plante menacée

L’aristide à rameaux basilaires est désignée menacée dans la province et en voie de disparition au Canada. Cette petite plante qui pousse dans des dunes de sable appartient à la famille du blé et croît en petites touffes dressées. Au Québec, on ne la trouve qu’à l’intérieur d’une zone de 15 kilomètres carrés, dans le sud-ouest du Haut-Saint-Laurent.

Par ailleurs, Conservation de la nature Canada explique que la plantation de conifères détruite était très pauvre en biodiversité, puisqu’il s’agissait d’une monoculture ayant très peu d’espèces dans son sous-bois. 

Puisque l’artistide ne tolère ni l’ombre des branches de pin ni l’accumulation de résidus végétaux au sol (comme les aiguilles), elle ne peut y prospérer. Qui plus est, cette plante indigène rare dépend de perturbations naturelles, comme les incendies ou les vents forts, pour le maintien de son milieu. Sans de tels phénomènes, des interventions humaines peuvent s’avérer nécessaires pour contribuer à son rétablissement.

« Beaucoup se demandent ce qui peut justifier que Conservation de la nature Canada prenne la décision d’abattre des arbres pour cette petite plante. Il faut savoir que les pins ont été plantés dans l’habitat de l’aristide à rameaux basilaires et des autres plantes dunaires pensant que ce milieu était peu productif alors que c’est tout à fait l’inverse. C’est un milieu riche avec un fort potentiel pour la biodiversité », explique Julien Poisson, directeur de programmes chez Conservation de la nature Canada.

De plus, on estime que la restauration de l’habitat vital de l’aristide pourrait également favoriser le rétablissement d’autres espèces rares de milieu dunaire, comme la monarde à tige velue et le trichostème fourchu.

CNC assurera le suivi de la présence de l’aristide dans la parcelle visée, ainsi que d’autres espèces en situation précaire susceptibles d’y croître. Le suivi s’échelonnera sur une période de cinq ans.