Église Sacré-Cœur : une dernière célébration dimanche

Par Yanick Michaud
Église Sacré-Cœur : une dernière célébration dimanche
Normand Bergeron était attristé d’annoncer la nouvelle à ses ouailles, mais malgré tous les efforts, l’église Sacré-Cœur devra cesser ses célébrations avec la dernière messe ce dimanche. (Photo : Photo Journal Saint-François - Pierre Langevin)

L’église Sacré-Cœur sera le théâtre de sa toute dernière célébration ce dimanche, 1er septembre, alors que l’on doit fermer les portes en raison des dettes accumulées au fil des ans.   

« C’est l’étape à laquelle nous sommes rendus. Nous avons constaté que les finances n’étaient pas au beau fixe. Le déficit est très levé. Plusieurs travaux devraient être faits. Nous sommes dans une impasse », explique l’abbé Normand Bergeron qui a pris la paroisse et l’église sous son aile en janvier. L’abbé Viateur Daigneault, qui était responsable, est décédé subitement et le diocèse devait trouver quelqu’un rapidement. C’est à ce moment qu’on a pris conscience de la précarité de l’endroit.

Garder l’espoir

Normand Bergeron a gardé espoir et a même réussi à repousser l’échéance, qui devenait de plus en plus inévitable. « Nous aurions pu espérer un mécénat quelconque. Ou un développement du côté de la municipalité. Mais, malgré les rencontres, nous n’avons pas vu d’indicateurs nous laissant croire qu’il y avait une possibilité d’aller plus loin », laisse entendre celui qui a dit que les finances ont pu être assainies malgré tout. « Nous avons mis des employés à pied. Nous avons pu payer tout ce que nous pouvions. Mais il était impossible de repousser encore plus. »

Le parc immobilier est trop vaste. L’église et le presbytère coûtent environ 90 000 $ à entretenir annuellement. Sans compter une dette de plus de 200 000 $ accumulée au fil des ans. Le diocèse prendra maintenant en charge les deux bâtiments. L’église devrait être désacralisée au cours des prochains mois. « J’ai demandé à l’évêque la fermeture de l’église et la cessation de l’activité pastorale », lance Normand Bergeron.

Garder espoir de trouver une solution

Si les paroissiens vont devoir se ranger du côté de leur paroisse d’accueil Sainte-Cécile désormais, Normand Bergeron garde espoir que le bâtiment ne sera pas laissé à l’abandon.

« J’ai le souhait que le bâtiment conserve son aspect religieux. Par exemple qu’on y fasse de l’évangélisation pastorale. J’espère qu’un groupe puisse en prendre possession et poursuive la mission. L’espace est plein de potentiel et j’espère que ça ne devienne pas un immeuble vacant. Que ce soit pour y développer du communautaire, de l’éducationnel, du culturel, ou même du religieux », exprime l’abbé Bergeron qui voit bien des catholiques, d’une autre allégeance que la chrétienté se doter de l’endroit. « Nous ne pouvons rien confirmer pour l’instant. »

Garder l’endroit intact

D’aucuns espèrent que l’endroit demeure inchangé. « L’assurance exige qu’il y ait de la surveillance. Et nous devons garder un minimum de chauffage. Que ce soit pour les tuyaux ou l’humidité. Quant aux statues et autres ornements, nous ne délesterons pas immédiatement l’église de sa richesse », affirme Normand Bergeron, émotif.

Quant aux nombreux organismes qui comptaient des locaux aux sous-sols, ils avaient vu venir la conclusion et plusieurs, sinon tous, ont retrouvé des locaux ailleurs dans la Ville. « Nous les avions avisés. Mais c’était inévitable. Même si Viateur Daigneault avait été toujours en vie, la fin n’aurait pas été différente. Nous n’avons plus les moyens », conclut Normand Bergeron qui a agi bénévolement comme administrateur de l’église pendant les derniers mois.

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