COVID-19 : en route vers une saison de moto jamais vue

Par Hélène Gingras
COVID-19 : en route vers une saison de moto jamais vue
Manon-Josée D'Auteuil et sa nouvelle moto. (Photo : (Photo Journal Saint-François - courtoisie))

Manon-Josée D’Auteuil et son conjoint se croisent les doigts; les deux motocyclistes espèrent qu’ils pourront comme prévu faire le tour de la Gaspésie cet été.

En attendant, le couple fait de la moto «aux alentours», explique-t-elle.

Les déplacements interrégionaux sont en effet proscrits en ce moment. Le déconfinement progressif des régions au cours des prochaines semaines et l’industrie du tourisme qui pourrait reprendre du service leur donnent espoir que leurs plans de vacances pourront se concrétiser comme prévu.

Le couple ne s’empêche pas de sortir pour autant, explique Mme D’Auteuil qui dit avoir fait plusieurs balades depuis la mi-mars. Son conjoint, pour sa part, prend sa moto tous les jours pour aller travailler y compris les jours de pluie.

«C’est tellement dispendieux qu’il faut en faire souvent», justifie celle qui vivait en Nouvelle-Écosse avant 2005. Le prix d’immatriculation était de 35 $ pour une moto et de 75 $ pour un camion. En comparaison, immatriculer une moto de tourisme au Québec est de 684 $ cette année.

Motocyclistes à la retraite

Un couple, à qui Gravité Média a aussi parlé, croit pour sa part que la fin de sa carrière de motocyclistes a sonné avec la COVID-19. Il a remisé sa moto au lieu de l’immatriculer et envisage de la vendre.

«Le fait qu’on ne peut plus rouler avec d’autres motos, les interdictions de rassemblements dans les parcs, la dangerosité des routes; il y a pour l’instant trop de contraintes. Nous avons eu la moto une quinzaine d’années et nous avons fait de beaux voyages, mais il est temps de passer à autre chose», confie la dame.

Le président du Club de moto Roussillon, Robert Laporte, ne cache pas que la saison sera du jamais vu, mais que ses membres n’auront pas le choix de composer avec la situation actuelle.

«J’avais l’habitude d’arrêter dans les haltes routières [présentement fermées] et de manger en route. À ma prochaine longue sortie, je vais devoir m’apporter un lunch», envisage-t-il.

Quant aux activités et sorties de groupe du club, elles sont annulées jusqu’à nouvel ordre.

On avait prévu deux fins de semaine de moto aux États-Unis. On les a annulées. -Robert Laporte, président du Club de moto Roussillon

Rouler ou pas ?

Des motocyclistes hésitent à rouler actuellement parce qu’il est recommandé de rester à la maison et de limiter ses déplacements essentiels. La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a de nouveau milité en ce sens cette semaine. À ce sujet, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) ne prend pas position.

«Comme pour la voiture, il n’est pas interdit de sortir à moto, affirme Mario Vaillancourt, porte-parole de la SAAQ. Les gens doivent toutefois respecter les directives de la Santé publique», c’est-à-dire notamment éviter les rassemblements  et respecter 2 m de distance avec toute personne. Ce pourquoi il est interdit pour un motocycliste d’embarquer quelqu’un avec qui il ne vit pas.

La possibilité de rouler pour le plaisir demeure nébuleuse pour la Fédération des motocyclistes du Québec, qui recommande aux motocyclistes de s’informer auprès du corps de policer de leur secteur pour éviter une mauvaise surprise. À cet effet, la Régie intermunicipale de police Roussillon affirme appliquer une tolérance.

«On recommande toutefois aux motocyclistes de rester dans le secteur parce que nous ne sommes pas responsables ailleurs, précise François Michaud, porte-parole. Il faut se rappeler que l’objectif est de limiter les déplacements entre les villes et les régions.»

Remiser sa moto  

Les motocyclistes peuvent remiser leur moto temporairement en raison de la situation actuelle et la déremiser plus tard, c’est-à-dire l’immatriculer de nouveau plus tard dans la saison. Le coût sera alors moindre, selon le mois. À noter qu’une vérification mécanique est requise si elle est remisée pendant un an ou plus.

Le renouvellement des immatriculations de moto était dû le 30 avril. Il est impossible d’en connaître le nombre qui ont été remisées, puisque la SAAQ n’a pas ces données pour le moment. En date du 31 décembre 2019, il y avait 181 843 motos de promenade immatriculées au Québec, selon elle.

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Les frais pour les plaques, au Québec, inclus les assurances personnelles, vie et accident, si vous les ajoutés ailleurs vous faite des économie de plusieurs dizaines et dans certain cas des centaines de $$$.