La communauté doit agir en consensus pour protéger les enfants

Par Yanick Michaud
La communauté doit agir en consensus pour protéger les enfants
Josée Morneau croit qu’il faut réaffirmer le consensus social sur la protection de la jeunesse et redéfinir les mandats qui sont confiés tant aux DPJ qu’à l’ensemble des acteurs œuvrant au mieux-être des enfants et des familles vulnérables. (Photo : Photo Journal Saint-François - Pierre Langevin)

La directrice de la protection de la jeunesse et directrice provinciale de la Montérégie, Josée Morneau, a déposé le bilan de la dernière année.

Elle en a profité pour souligner les avancées, mais aussi pour faire le constat des 40 ans d’existence de l’organisme. « En janvier 1979, on adoptait la Loi sur la protection de la jeunesse. Elle s’est transformée au fil du temps et à travers ces 40 ans, tous les acteurs, on a réussi à changer la trajectoire de milliers d’enfants », explique-t-elle d’entrée de jeu.

Toutefois elle admet que malgré les pas de géants franchis au fil des quatre décennies, le nombre d’enfants qui ont fait l’objet d’un signalement et qui ont besoin de protection ne cesse d’augmenter. Cette situation préoccupe les intervenants des DPJ dont le défi pour l’avenir est de renverser cette tendance et d’offrir un monde meilleur aux enfants. « C’est à petits pas que l’on accompagne les enfants. Et ce n’est pas n’importe qui, qui peut faire ce travail. Des évènements, des drames sont survenus. Et chacun nous amène à faire des réflexions et à s’améliorer », note-t-elle, soulignant au passage le drame de Granby.

Tout le monde est sous le choc

Au printemps, la mort d’une fillette de Granby a secoué tout le monde. « On a parlé de cette petite fille. Mais des milliers d’autres gardent des séquelles. Malgré le travail acharné de milliers d’intervenants. Ils sont dédiés à la protection de tous les enfants du Québec. Et pourtant, nous ne sommes pas à l’abri. Ce sont des situations qui perdurent dans le temps. Ces enfants vont vivre avec des blessures toute leur vie », déplore Josée Morneau.

Elle espère toutefois que la communauté en viendra à agir plus activement dans la protection des jeunes. « La communauté agit comme un filet de sécurité autour des enfants. Les voisins, les intervenants, les enseignants, les familles. La protection des enfants est un travail d’équipe et la contribution de chacun est fondamentale. Il faut essayer d’agir. Quand une situation glisse entre les mailles du filet, c’est toute la société qui doit se questionner », indique la dame qui travaille dans le milieu depuis trente ans.

Se doter des moyens

Pour la directrice de la direction de la protection de la jeunesse, il est important de se doter de tous les moyens pour protéger les enfants.

« Il y a trois grands constats. Les enfants ont besoin de conditions de vie saine pour se développer. C’est pourquoi nous comptons beaucoup sur des organismes qui aident aux déjeuners, l’aide aux devoirs. Il faut agir avec ces conditions. Ensuite, nous devons reconnaître que c’est une expertise de travailler avec notre clientèle non volontaire. Il fait savoir s’y prendre. Enfin, il est important d’avoir du soutien en amont. Les services de première ligne sont primordiaux. Les banques alimentaires, par exemple. Elles sont d’un secours pour plusieurs », conclut Josée Morneau.

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