Au tour des itinérants d’être abandonnés

Au tour des itinérants d’être abandonnés
(Photo : Jean Demers)

Nous avons appris, il y a quelques jours, que Raphaël André, un itinérant dans la cinquantaine, a perdu la vie dans une toilette mobile placée devant un refuge fermé après une éclosion de COVID-19. Quel drame épouvantable!

Après avoir discuté avec plusieurs personnes à ce sujet, je peux vous dire que les gens qui vivent en situation d’itinérance ont peur. Ils sont terrorisés d’aller dans les refuges où il y a des cas de COVID-19.

En octobre dernier, la province entière s’est levée pour dénoncer le traitement abominable qu’a reçu Joyce Echaquan de la communauté atikamekw, dans un hôpital, avant de décéder. Comment se fait-il qu’il n’ait pas une semblable vague de colère dans ce cas-ci? M. André était Innu. Les itinérants sont laissés pour compte.

J’ai toujours pris en considération ces gens-là, ne serait-ce qu’en leur donnant de l’argent ou des cigarettes. Je ne comprends pas l’attitude du gouvernement envers cette population. Le premier ministre du Québec, François Legault, a attendu plusieurs jours pour offrir ses condoléances et aborder la mort de M. André.

Il continue d’affirmer que les policiers font preuve de jugement à l’égard des individus sans-abri. Je ne doute pas que les agents de la paix, surtout à Montréal, sont conscients de cette problématique. Des contraventions, ils en ont donné peu. De toute façon, les itinérants n’ont pas l’argent pour les payer. Mais il faut reconnaitre que la COVID-19 constitue une crainte beaucoup plus forte pour eux que celle du risque de recevoir une amende.

La vaccination des personnes itinérantes a commencé. Elle doit se faire plus rapidement, en priorité.

Des solutions miracles, il n’y en a pas, je l’admets. Je pense néanmoins que M. Legault aurait dû être beaucoup plus réceptif. Je me souviens que la cheffe du parti Québec solidaire, Manon Massé, lui a dit de se mettre un masque et d’aller circuler dans les rues de Montréal pour comprendre. Il a manqué de ce côté-là.

L’homme décédé en est la triste preuve. Personne n’est à l’abri de l’itinérance, surtout en temps de pandémie.

On est dans une période critique. Ça me rappelle la crise vécue dans les CHSLD au printemps. Les aînés, comme les itinérants maintenant, étaient laissés à eux-mêmes parce qu’on n’était pas prêts à faire face à la COVID-19.

De grâce, il faut que le gouvernement se reprenne.

10-4

(Propos recueillis par Gravité Média)

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