Opinion

Une autre façon de donner la vie

vendredi le 09 juillet 2021
Modifié à 10 h 06 min le 09 juillet 2021
Par Mario Pitre

Le petit Éliam aimerait bien bénéficier d'un don d'organe pour remplacer son petit coeur. (Photo Fondation CHU Sainte-Justine - Véronique Lavoie)

Avoir des enfants demeure la façon privilégiée de donner la vie. Mais il y aussi moyen de le faire en autorisant le don d’organes.

Selon un sondage de la firme Léger publié en février 2019 par Transplant Québec, 92% des Québécois interrogés se disent favorables au don d’organes, dont 69% sont « tout à fait favorables » et 70% qui disent avoir pris des mesures pour faire connaître leur volonté.

D’autre part, de 2008 à 2018, on évalue à environ 47 en moyenne le nombre de décès survenus annuellement en attente d’une transplantation.

Est-ce donc à dire que le Québec serait dû pour adopter une loi sur le consentement implicite du don d’organes, comme l’a fait la Nouvelle-Écosse en janvier dernier ?

Dans cette province de l’Atlantique, tous les adultes sont maintenant considérés comme étant des donneurs potentiels d’organes et de tissus, sauf ceux qui signalent leur refus. Ils n’ont plus à signer une carte à cet effet, mais doivent plutôt signaler leur refus s’ils ne veulent pas accorder cette autorisation.

C’est un des arguments que m’a fait valoir Jimmy Asselin, le père du petit Éliam, 1 an, en attente d’un nouveau cœur pour remplacer le sien, défectueux dès la naissance. Du même coup, le jeune papa se trouve à parler au nom de tous les malades, que ce soit du cœur, du rein, des poumons, qui demeurent en attente d’une transplantation.

Mais comme il le dit si bien, le don d’organes demeure un sujet délicat; et les changements souhaités à cet égard se produisent de manière progressive, à pas de loup. 

Le député libéral André Fortin a déposé en novembre 2019 un projet de loi visant à présumer le consentement de tous les Québécois en matière de dons d’organe. Le gouvernement se penche sur la question mais, comme pour bon nombre de dossiers, les efforts mis sur la COVID-19 au cours de la dernière année ont mobilisé les énergies.

Le chroniqueur André Sirois de La Presse, mentionnait dans un de ses écrits que le don d’organes se veut aussi une question de culture; une culture qui a progressé davantage, notamment au Saguenay/Lac Saint-Jean, où les gens sont davantage sensibilisés à cette question par les intervenants en santé.

C’est en pensant au petit Éliam que nous pouvons tous, chacun à sa façon, sensibiliser nos proches à autoriser un don d’organes à leur décès. Un décès qui, incidemment, permettra de redonner vie à quelqu’un d’autre. 

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