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Le gouvernement soigne ses infirmières avec des bonis

jeudi le 23 septembre 2021
Modifié à 14 h 01 min le 23 septembre 2021
Par Eric Tremblay

Le premier ministre du Québec a annoncé 1 milliard $ pour inciter les infirmières à demeurer à temps plein dans le réseau public. (Photo - Archives)

Le réseau de la santé est en manque de 4300 infirmières. Celles qui sont au front sont épuisées. Le gouvernement du Québec suggère donc une passerelle avant l’application de la convention collective. Un pont qui pourrait représenter 15 000 $ pour les infirmières. 

«On annonce rien de moins qu’une petite révolution dans le réseau de la santé, a lancé le premier ministre François Legault. Le réseau était dysfonctionnel parce qu’environ 40 % des infirmières travaillent à temps partiel. Aucune organisation pourrait être gérée efficacement ainsi. »

Avec ce tel portrait, le réseau de la santé doit recourir au temps supplémentaire obligatoire et aux employés qui proviennent d’agences.

Le personnel infirmier (qui comprend aussi les infirmières auxiliaires, les inhalothérapeutes et les perfustionnistes) aimerait obtenir la conciliation travail-famille ou la prévisibilité des horaires. Afin de pouvoir mettre ces éléments en place, le gouvernement met en place une passerelle à la convention collective.

Divers bonis, allant de 12 000 $ à 15 000 $ ont été annoncés. Ceux-ci viennent inciter le personnel à rester dans le réseau public et y travailler temps plein. Le gouvernement espère même ramener dans le réseau public des retraités ou des travailleurs qui ont opté pour le réseau privé.

«On va réduire de façon très importante nos deux problèmes chroniques que sont le temps supplémentaire obligatoire et le recours aux agences, a poursuivi François Legault. C’est un moyen costaud, d’environ 1 milliard $. C’est beaucoup d’argent, mais je pense que la situation le justifie. Aujourd’hui, on propose que le réseau public soit la meilleure place pour les infirmières. » 

Changement de culture

Sonia Lebel, la présidente du Conseil du trésor, a convenu que l’annonce du gouvernement relevait du changement de culture dans le réseau de santé. «La convention collective règle la structure, dit-elle. Les vagues successives ont épuisé le personnel de la santé et ont aggravé la situation dans le réseau. Ça prend un apport d’effectif massif. »

La passerelle s’attaque à la qualité de vies des infirmières, au TSO et à la prévisibilité des horaires.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé souhaite que les incitatifs annoncés puissent permettre d’augmenter à 75 % le nombre d’infirmières employées à temps plein. Un objectif qui permettrait de stabiliser le réseau. Et qui aura des incidences sur les problématiques connues du réseau.

Le gouvernement a aussi annoncé l’embauche de 3000 personnes pour supporter le personnel clinique. Des employés qui règleront les détails administratifs et qui seront en poste au printemps 2022. «On veut valoriser la profession, a ajouté M. Dubé. Les infirmières ont étudié, parfois jusqu’à l’université, pas pour remplir des feuilles de papier, mais pour soigner des patients. »

 

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