Vidéo – L’abriBus, un succès de chaleur humaine

Vidéo – L’abriBus, un succès de chaleur humaine
Le succès de l'unité mobile chaleur du Suroît correspond à un grand travail d'équipe. (Photo : (Photo Journal Saint-François - E.T.))

L’unité mobile chaleur du Suroît (UMCS) dresse un bilan positif de son projet-pilote. L’autobus installé au Marché public a su venir en aide à 74 personnes différentes cet hiver. Une humanité chaleureuse que les responsables souhaitent prolonger.

Du 1er décembre au 10 avril,  L’abriBus a été ouvert 70 jours. Cinquante-huit hommes et 16 femmes sont venus y chercher du réconfort. L’autobus modifié offrait une atmosphère bienveillante et chaleureuse pour des itinérants en quête d’un répit. «On a répondu à un besoin réel des personnes sans-abris de la région, a confié Emmanuelle Godbout, coordonnatrice de l’UMCS. Chacune d’elles présente un parcours atypique, semé d’embûches, avec des besoins multifactoriels difficilement traitables. »

En moyenne, quatre personnes par soir venaient à l’abriBus. Prendre un café. Dormir. Ou chercher une oreille. Le 29 décembre, un homme refusait de se rendre à l’urgence après avoir été victime d’un AVC. «Il a eu la chance de le faire [son AVC] en présence de gens bienveillants et proactifs, a souligné Mme Godbout. La travailleuse de rue a su le convaincre d’aller à l’hôpital tandis que les bénévoles se sont occupés de son chien et son quadriporteur. »

À un autre moment, un homme est venu chercher des bottes. Ce qu’il lui a permis de dénicher un emploi cet hiver dans le déneigement.

La pandémie a rendu l’itinérance encore plus visible. Le sujet a été tel dans la région qu’un refuge temporaire a vu le jour à l’aréna Salaberry. Suivi d’un autre refuge, celui-ci permanent, sous la responsabilité de la MHDV.

Un besoin réel

La halte-chaleur mobile est le fruit de la collaboration de divers acteurs. Parti de zéro. Des organismes, le réseau de la santé, des groupes communautaires et la Ville ont pris le dossier en charge.

Ceux-ci y ont vu un impact immédiat. «L’autobus a permis de stabiliser certaines personnes, a confié Claude Théorêt de Pacte de Rue. Les travailleurs de rue avaient un endroit pour voir les gens et les sécuriser. Dans un espace sécuritaire. »

Louis-Philippe Boucher, organisateur communautaire au CISSSMO, a parlé de l’abriBus comme d’un premier lien de confiance vers les services. Des gens ont ainsi pu obtenir des soins ou services en santé mentale, des soins infirmiers ou auprès d’initiatives de travail de milieu auprès des aînés en situation de vulnérabilité.

André Couillard de la Maison d’hébergement dépannage de Valleyfield a salué les personnes qui ont fait le service. «Si les 74 sont revenus, c’est parce qu’il y avait des personnes pour les entendre et les écouter. »

Répondre aux besoins

Le bilan du projet-pilote est fort éloquent. Il est toutefois trop tôt pour confirmer sous quel forme il sera répété. Le comité doit se réunir pour analyser au projet. «C’est un projet clef en main facilement reconductible, reconnaît Emmanuelle Godbout. Le comité va se rencontrer et réfléchir aux possibilités. »

L’UMCS pourrait proposer un service similaire. La possibilité d’étendre sa période d’ouverture est également avancée. Et voir quels services seront maintenus ou ajoutés. «C’est dur de mettre ce projet en place financièrement, a confirmé M. Boucher. Il faut démontrer que le projet a fonctionné. Et on aimerait un budget récurrent des ministères. Mais c’est sûr que c’est une réussite qui a sauvé des vies dans tous les sens du terme.»

Le budget a nécessité 36 000 $. Cependant, les organismes et groupes communautaires n’ont pas compté leurs heures. Le financement est provenu en grande partie (23 940 $) de Centraide Sud-Ouest et de la Fondation Montréal. Le CISSSMO, le Centre du Partage, les cadres de la Ville et les députés ont aussi participé au montage financier.

Quelques statistiques

70 jours d’ouverture
1090 heures de bénévolat
74 «invités»; 56 hommes et 18 femmes
45 à 50 ans, l’âge moyen des hommes. Le plus jeune avait 18 ans; le plus vieux 73
2 groupes d’âge chez les femmes: la moitié avait entre 18 et 20 ans; l’autres moitié 40 ans et plus
351 présences; 38 personnes sont venues 1 fois, 18 entre 2 et 5 fois, 11 entre 8 et 16 fois et 7 20 fois ou plus

 

 

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Jacques Marcoux
Jacques Marcoux
7 jours

Très bonne idée

Monique Richer
Monique Richer
6 jours

Félicitation,si seulement le monde arrêtait de critiquer et voir le positif qu’on a pour tout les services qu’on reçoit ,on est très chanceux de vivre au Québec