Une routine chamboulée pour 16 000 personnes

Une routine chamboulée pour 16 000 personnes
Yves Masse, pdg du CISSSMO et Jean-AMrc Ricard, directeur des programems Déficiences, ont parlé de la réalité des personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l'autisme en temps de pandémie. (Photo : (Photo - capture d'écran))

Les personnes ayant une déficience intellectuelle (DI) ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ont souvent une routine établie. Ce rythme de vie a été modifié avec la pandémie. Il s’apprête à être chamboulé de nouveau avec le déconfinement. 

Ils sont 16 000 dans ces états en Montérégie-Ouest; 1600 sont hébergés dans des petits milieux de vie du Centre intégré de santé et services sociaux du secteur. Lors d’un Facebook live vendredi après-midi, Jean-Marc Ricard, directeur des programmes Déficiences au CISSSMO a eu une pensée pour ces personnes mais aussi leur famille. «Je sais à quel point l’absence de contacts avec votre enfant à dû être difficile, a-t-il d’abord dit à propos des parents qui ont un enfant en hébergement. Pour ceux qui ont des enfants à la maison, la réalité a été chamboulée et ça été un défi supplémentaire pour vous. »

Il a expliqué à son interlocuteur, Yves Masse, président directeur général du CISSSMO, que ces gens ont une routine qui peut être précieuse. Après huit semaines, il est possible qu’un nouveau quotidien se soit imposé avec le confinement. Pour les personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme, la situation a peut-être même amené une sorte de confort puisqu’ils ont un côté social moins développé. En même temps, l’incompréhension pouvait régner pour les DI et TSA qui étaient habitués de côtoyer des plateaux de travail et donc leurs amis.

«Dès le départ, on a appelé les 16 000 usagers ou familles et pour environ 6400 on a aidé à réorganiser leur quotidien, soutient M. Ricard. On a établi un calendrier d’activités pour placer une routine. On a aussi acheté des IPADs [aux usagers hébergés] pour qu’ils puissent garder un contact. »

Des répits à domicile ont aussi été établis pour soutenir les parents. Les répits se sont ensuite déplacés hors domicile sous forme individuelle.

L’offre de services a été modulée avec l’aide des quelque 450 ressources intermédiaires disponibles sur le territoire.

Différentes mesures ont été mises en places pour les résidents hébergés. Celles-ci ont permis de limiter à 18 cas de la COVID-19, soit 1 %, chez les personnes DI et TSA.

Le déconfinement est en cours à l’extérieur de la Communauté métropolitaine de Montréal. Ce qui entraîne un autre lot de défis pour le CISSSMO. «On sensibilise nos usagers au port du masque, ce qui d’emblée n’est pas naturel, ont expliqué MM. Ricard et Masse. On doit aussi rendre concret le 2 mètres et ce que ça implique. Que ce n’est pas nécessaire de crier en raison de la distance. »

L’équipe de soutien est aussi en restructuration pour faire face au retour en classe. Parce que si les personnes TSA ont trouvé un niveau de confort dans le confinement, l’étape qui concerne le retour à l’école, avec ses mesures particulières, pourrait provoquer une anxiété qui n’est pas à négliger.

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