Une aide insuffisante de Québec pour les locataires

Par Yanick Michaud
Une aide insuffisante de Québec pour les locataires
Le Comité Logement Beauharnois voit tout de même d’un bon œil les bonifications de soutien aux municipalités offrant des services d’aide d’urgence aux ménages sans logis. Ainsi que l’octroi de 200 suppléments au loyer d’urgence. (Photo : Yanick Michaud)

Le Comité Logement Beauharnois (LCB) n’est pas tendre à l’endroit du gouvernement à la suite du dépôt du budget le 25 mars.

Le ministre des Finances Eric Girard a annoncé un investissement de 500 nouvelles unités de logement social pour l’ensemble de la province. Alors que la région est durement touchée par la crise du logement avec un taux d’inoccupation variant de 0,2 % à 1,6 % dans la circonscription de Beauharnois. Ayant plus d’une centaine de ménages locataires dans l’attente d’un logement social. Le Comité Logement Beauharnois se dit déçu de « cette poignée de cacahuètes lancées aux ménages locataires du Québec. »

Les besoins sont grands et urgents

Le Comité sonne l’alarme dans la région de Beauharnois ou les loyers ont augmenté de façon explosive au cours des trois dernières années. Ou la spéculation immobilière et l’embourgeoisement des quartiers bat son plein.

Plus d’une centaine de ménages locataires sont actuellement à la recherche d’un logement sain, sécuritaire et abordable dans la région en vue des déménagements du 1er juillet. Les gens se butent à une recherche infructueuse et exacerbée par la pandémie. La situation transforme les sites d’annonces de logement à louer en site de locataires à la recherche d’un logement.

« Pendant la première année de la pandémie de la COVID-19, on a noté une augmentation marquée des demandes de services au logement. Notamment au niveau des demandes liées à la recherche d’un logement. Il en va de même avec les demandes d’obtention d’un logement social », lance Annick Frappier, coordonnatrice au CLB. Elle constate que ces demandes ont été doublées au cours de l’année 2020-2021.

Le Comité Logement Beauharnois constate que la demande dépasse largement l’offre de logement du parc locatif de la région. « Plusieurs ménages locataires devront se déraciner de leurs quartiers ou se retrouveront à la rue faute de disponibilités de logements abordables ou sociaux sur le territoire », croit-on.

Entente Québec-Canada

Considérant toutes les sommes rétroactives dont le gouvernement dispose en vertu de la nouvelle entente Québec-Canada sur le logement, l’organisme aurait aimé voir davantage d’investissement en logement social dans le 3e budget caquiste du ministre des Finances. « En mettant de l’avant la demande du Front d’Action Populaire en Réaménagement Urbain (FRAPRU) de lancer un grand chantier de 50 000 logements sociaux en 5 ans incluant le programme Accès-Logis, par exemple ». Le Comité Logement Beauharnois souhaite aussi la venue d’un programme d’achat rénovation, communautaire et sociale pour accélérer la cadence du développement dans la région.

Les villes ont un rôle à jouer

« Bien que le gouvernement du Québec ait investi faiblement dans son budget, ils ne sont pas les seuls acteurs à jouer dans ce film », ajoute-t-on du côté du CLB. Selon les responsables, les municipalités ont leur rôle à jouer dans le développement de logements abordables et sociaux. « Elles qui sont des gouvernements de proximité, ont le pouvoir et l’obligation de développer du logement diversifié et abordable pour loger tous les ménages locataires sur leurs territoires. Ainsi, certaines municipalités dans la région n’ont aucun plan stratégique et/ou politique de développement en habitation permettant de prévoir court et moyen terme l’apparition de nouveaux projets de logements sociaux. »

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